photo Christophe Chevalin © TMC
28 juin 2017  / Cinema

Interview : Éric et Quentin à l'affiche de la comédie Bad Buzz

Propos recueillis par Benjamin Cerulli
26/06/2017

Ils se sont rencontrés au S.A.V d'Omar et Fred, ont connu les premières heures du Petit Journal du temps où il n'était encore qu'une chronique du Grand Journal, jusqu'à sa transformation en Quotidien et sa migration vers le groupe TF1 en septembre dernier. L'émission de Yann Barthès fait, depuis, les beaux jours de la chaîne TMC, et ses deux fidèles trublions sont aujourd'hui à l'affiche de Bad Buzz, comédie rocambolesque réalisée par Stéphane Kazandjian. Rencontre.

À la question qu'on vous pose souvent « Qui est Éric et qui est Quentin », que peut-on répondre d'autre que « Éric, c'est le petit » et « Quentin, c'est le grand » ?

Quentin Margot : Éric a plus de cheveux.

Éric Metzger : Ou « Quentin a une meuf ».

Quentin : Oui mais ça se voit pas, ça.

Éric : On le prend toujours bien en tout cas, on s'y est habitué.

Quentin : C'est arrivé à Chevallier et Laspales aussi. D'ailleurs, je ne saurais pas te dire qui est l'un et qui est l'autre.

Éric : Je crois que Régis Laspales, c'est le petit barbu.

 

Vous vous êtes rencontrés au SAV d'Omar et Fred ; vous vous souvenez de la première chose que vous avez pensée l'un de l'autre ?

Éric : La première fois que j'ai vu Quentin, je ne savais pas encore vraiment qui c'était. J'ai appris par la suite que ce grand mec en baskets était auteur. Il a été très cool avec moi. Il aurait pu me traiter comme un concurrent, mais il a tout de suite été ouvert et sympa avec moi. Quand il m'a embauché pour le SAV alors que j'étais encore stagiaire, il a payé mon repas, c'était un beau geste.

Quentin : C'était un couscous. C'est d'ailleurs ce qui a défini notre relation culinaire.

 

Votre page Wikipédia dit qu’Éric « se fait remarquer par Arielle Saracco, directrice du pôle création de Canal +, en lui envoyant une lettre de motivation au ton décalé ». Tu te souviens de ce qu'il y avait dans cette lettre ?

Éric : Oui, enfin c'était pas un ton « décalé », c'était juste une lettre rigolote qui n'était pas très longue et dans laquelle je racontais que j'avais très envie de faire quelque chose chez Canal Plus, mais que ma copine lisait ce que j'écrivais derrière moi et qu’elle disait « ça sert à rien, elle va jamais te prendre ». Une sorte de mise en abyme qui se terminait en dispute de couple.

 

Vous avez toujours fonctionné en duo ; y a-t-il un côté plus rassurant d'être à deux ?

Quentin : Oui complètement. Si l’un des deux fait une mauvaise vanne, l'autre rigolera quand même. Et ça peut aider quand on doit présenter des projets, par exemple.

Éric : On encaisse tout à deux, même les mauvaises choses, que ce soit le stress, les échecs...

Quentin : On va au zoo à deux aussi.

 

À quel moment avez-vous senti que vous étiez devenus inséparables pour le grand public ?

Éric : Je pense que c'est à partir du moment où on est passés à l'antenne. Au début, dans la rue, on entendait : « C'est le Petit Journal ! ». Aujourd'hui, on inverse souvent nos prénoms, et quand je suis seul on me demande souvent : « Il est où l'autre ? » ou « Il est où le grand ? ».

 

Mais vous avez aussi vos propres activités chacun de votre côté ; Quentin toi tu es aussi DJ.

Quentin : Oui, je mixe pas mal dans Paris. Mais je me limite, parce que quand on mixe, on boit, et quand on boit, on n'est pas en forme le lendemain. C'est plus une passion pour la musique qu'autre chose.

 

Si je te demandais un titre pour illustrer ce moment, lequel choisirais-tu ?

Quentin : Quelque chose de joyeux. Je dirais “Do I Do” de Stevie Wonder.

 

Éric, toi tu écris des romans assez sombres, une activité qui est à l'opposé de celle que l'on peut voir tous les soirs dans Quotidien ou dans Bad Buzz...

Éric : Ce ne sont pas deux facettes différentes, c'est juste une autre façon de m'exprimer, peut-être plus calme, plus solitaire. Ce qui est drôle, c'est que Quentin a un caractère plutôt calme qui va exploser avec la musique alors que moi c'est un peu l'inverse, j'ai un caractère un peu plus foufou et la littérature me calme.

 

Vous êtes donc réunis dans le film Bad Buzz, actuellement en salles. Le mot « buzz » n'a pas toujours existé. Selon vous, à partir de quand est-il devenu courant, voire obsessionnel parfois ?

Quentin : C'est forcément lié à une technologie, et donc à l'explosion d'Internet. On a vu la transformation se faire petit à petit, quand on bossait au S.A.V. Je pense qu'elle s'est faite avec l'essor de Youtube, à partir du moment où on a pu filmer n'importe qui à n'importe quel moment et dans n'importe quelle position.

Éric : C'est exactement ça, et on peut même y ajouter le développement de l'information numérique qui fait qu'on a une consommation beaucoup plus vive. Autrefois, on achetait un journal, on le lisait, puis on achetait celui du lendemain, etc. Aujourd'hui, tu peux aller sur les sites à n'importe quelle heure et l'information est constamment renouvelée. Et pour se renouveler, ils ont besoin de plus en plus de contenu, c'est ce qui amène le buzz finalement.

Quentin : Il y a une volonté de faire du clic, il faut donc en permanence renouveler l'info, quitte à ce que ce soit n'importe quoi. 

 

C'est justement ce que l'épopée absurde de vos personnages tourne en dérision dans le film. Mais on vous découvre aussi un petit côté trash avec pas mal d'humour noir qu'on ne vous connaissait pas forcément jusque-là... 

Éric : C'est pas si trash, parce que les situations peuvent parvenir à quelque chose de très tendu, mais on s'arrête juste avant que ça le devienne vraiment. On aurait pu aller plus loin...

Quentin : Après, le thème du bad buzz justifie le fait que ça aille loin aussi.

Éric : Je pense qu'il y en a pour tout le monde, il y a à la fois des situations gamines qui peuvent faire rire un jeune public et des références plus adultes, comme quand on apprend qui est l'amant de la grand-mère, par exemple.

Quentin : C'est vrai qu'on ne connaît pas forcément ses grands-parents ou arrière-grands-parents, parfois ils ne disent pas trop ce qui a pu se passer pendant ces périodes...

 

Quelquefois, la frontière entre le bon buzz et le bad buzz est assez mince... l'idée, c'est un peu “parlez de moi en bien ou en mal, mais parlez de moi”, non ?

Éric : Je pense qu'il y en a beaucoup qui réagissent comme ça, oui.

Quentin : Si on prend l'histoire du shampooing de Nabilla par exemple, je ne sais pas si c'était un bon buzz ou un bad buzz, mais elle a réussi à en faire un outil marketing. Un bad buzz peut devenir rigolo.

 

D’après vous, quel est le plus gros bad buzz de l'année ?

Quentin : Je dirais Fillon, parce qu'en plus ça mêle la politique.

Éric : En fait, il y a eu tellement de choses cette année… C'est une accumulation de bad buzz. La polémique avec le tennisman français pendant Roland-Garros, par exemple (le tennisman Maxime Hamou, ndlr), ou celle avec Serge Aurier l'année dernière.

Quentin : Pour Aurier, c'est assez dingue l'ampleur que ça a pris en une journée, ça a fait le tour de tous les JT.

Éric : C'est là qu'on voit qu'on est dans une ère de sur-communication, tout peut partir d'un simple tweet. Comme le bon buzz de Macron, par exemple, avec son tweet “Make our planet great again” (« rendre sa grandeur à notre planète », ndlr), alors que deux jours avant il y avait sa blague sur les kwassa-kwassa. Tout va vite, tout s'enchaîne.

Quentin : Macron a adoré le film, d'ailleurs.

 

Quotidien sera de retour à la rentrée prochaine ? Avec vous dedans ?

Éric : Oui, il n'y a pas raison que ce soit le contraire, la chaîne est très contente de notre travail et on s'y sent bien, donc l'aventure continuera. En changeant de chaîne, on ne pensait pas forcément que le public allait nous suivre, et aujourd'hui on est plus que satisfaits. Je voudrais aussi souligner le fait qu'il y a une vraie rédaction avec des personnes très douées derrière, comme Laurent Macabiès qui fait le “Morning Glory”, par exemple, ceux qu'on ne voit pas forcément à l'antenne. Parce que nous, on fait les rigolos face à la caméra et c'est cool, mais derrière, il y a des gens passionnés qui bossent aussi et qui le font très bien.

 

Comment se porte Corinne ?

Quentin : Eh bien, écoute elle va bien, toujours pas au régime. Elle mange et elle va aller voir Bad Buzz, surtout !

Éric : Et elle va manger plein de popcorns !

 

Bad Buzz, comédie de Stéphane Kazandjian avec Eric MetzgerQuentin Margot et Marie-Anne Chazel. En salles. 

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