© 2017 WARNER BROS. ENT. INC.
17 mai 2017  / Cinema

Interview : Jude Law, de Pope à King

Propos recueillis par Fabien Menguy
17/05/2017

Star parmi les stars, l’acteur américain aime se faire rare. Il a pourtant accepté de nous parler du Roi Arthur : La Légende d’Excalibur. Une version dynamitée dans laquelle il joue le roi Vortigern, l’oncle maléfique d’Arthur. L’occasion d’une audience exclusive avec le roi de l’acting.


Jude Law dans le film « Le Roi Arthur : La Légende d’Excalibur » © 2017 WARNER BROS. ENT. INC.

Après le rôle de pape dans The Young Pope, vous devenez roi. C’est une sorte de plan de carrière ?

Jude Law : (Rires) Il n’y a pas de plans de la sorte, mais si vous regardez ça d’un point de vue historique, les gens deviennent généralement pape d’abord, et roi ensuite. Je ne fais que suivre les étapes.

 

Pourquoi avez-vous accepté ce rôle de Vortigern, roi fratricide qui veut éliminer son neveu Arthur ?

Je n’avais pas été impliqué dans un film familial à gros budget depuis un moment, et le dernier que j’avais fait était justement Sherlock Holmes 2 avec Guy Ritchie. Or l’expérience s’était bien passée. Il sait gérer ce genre de film à grande échelle, il est ouvert d’esprit et on s’était bien amusés. Donc j’ai eu envie de dire oui.

 

Comment se sont passées les retrouvailles avec Guy Ritchie ?

C’était super, il est très ouvert et très spontané. Être sur un tournage de cette envergure et rester à l’écoute et soi-même, c’est assez rare.

 

Est-ce que les tournages sont plus tranquilles sans Robert Downey Jr. ?

Oui, bien plus tranquilles (rires).

 

Quels sont vos premiers souvenirs de la légende du Roi Arthur ?

Probablement le dessin animé de Walt Disney. Je me souviens aussi d’un livre qu’on lisait à l’école et qui parlait de ces légendes. Je me rappelle aussi du film Excalibur de John Boorman. Arthur fait partie de notre imaginaire collectif, un peu comme Sherlock Holmes.

 

Mais lorsqu’on pense à cette légende, on vous imagine plus dans le rôle du Roi Arthur ou de Lancelot que dans celui de Vortigern.

Ça, c’est intéressant. Mais ce ne sera pas dans ce film-là (rires).

Jude Law dans le film « Le Roi Arthur : La Légende d’Excalibur » © 2017 WARNER BROS. ENT. INC.
 

Quel effet ça fait d’incarner un méchant, alors ?

Je suis plutôt indulgent avec ce personnage très seul, à l’âme empoisonnée. Mais pour le dessiner, j’ai dû aller puiser dans mon propre narcissisme, et ça m’a plu.

 

C’est donc jubilatoire de jouer un méchant ?

Oui, c’est plutôt fun, mais il faut doser en permanence parce que c’est un terrain glissant.

 

N’avez-vous pas peur que cela nuise à votre image de jouer un tel monstre ?

Je ne sais pas vraiment quelle est mon image, mais je ne pense pas. J’ai déjà eu des rôles assez similaires par le passé, et je pense que c’est toujours sain de jouer différents types de personnages.

 

Quel effet cela fait-il de passer d’un être de lumière dans The Young Pope à Vortigern, personnage très sombre ?

De mon point de vue, pour un acteur c’est toujours bien et stimulant de passer d’un état à l’autre, car cela vous impose différents challenges. Mais c’est intéressant ce que vous dites sur cet “être de lumière”, car beaucoup de gens pensent que le pape Lenny est un personnage très sombre. Mais je suis d’accord avec vous, pour moi il est tourné vers la lumière. C’est un personnage complexe, très complexe même (rires). Après, le plaisir de jouer, c’est de monter à bord d’un nouveau personnage à chaque fois. C’est ce qui maintient votre curiosité et vous met au défi.


Jude Law dans le film « Le Roi Arthur : La Légende d’Excalibur » © 2017 WARNER BROS. ENT. INC.

Est-ce qu’on se met en danger quand on va du côté sombre ?

Non, je ne pense pas. Lorsque vous jouez un personnage comme ça, c’est comme si le personnage faisait un coup d’état en vous, un putsch. Mais il ne fait que passer le temps de la scène, et il ne reste pas à l’intérieur de vous.

 

Vous n’avez aucun mal à quitter votre personnage en rentrant chez vous, alors ?

Je ne pense pas, mais il faudrait demander à ma famille.

 

Qu’est-ce qui a été le plus difficile à faire sur le film ?

Porter ces lourds costumes. Mais c’est très important, ça dit beaucoup de choses sur le personnage. Par contre, ce n’est pas un carcan, et si ça l’est, c’est que c’est votre choix.

 

Êtes-vous à l’aise avec le fait de jouer devant un fond vert sur lequel on ajoute des effets spéciaux ?

Il n’y en avait pas vraiment pour moi. C’est ça qui était assez extraordinaire : la taille des constructions. La salle du trône et le château ont pratiquement été reconstitués en studio, et c’était vraiment impressionnant.

 

Quel effet ça fait de se retrouver à l’aube du Moyen-Âge ?

Ça fait partie des raisons pour lesquelles j’ai accepté le film. D’un seul coup, vous vous retrouvez projeté dans ces temps lointains et dans un Londres qui s’appelait encore Londonium, et c’est assez remarquable.

 


Jude Law dans le film « Le Roi Arthur : La Légende d’Excalibur » © 2017 WARNER BROS. ENT. INC.

Est-ce que devenir réellement roi d’Angleterre est quelque chose qui vous tenterait ?

Grand Dieu, non (rires).

 

Pensez-vous que le pouvoir rend fou ?

Je le pense totalement, oui. Regardez l’Histoire (rires). Mais ça dépend, cela peut rendre certaines personnes très grandes et d’autres dangereuses.

 

Êtes-vous prêt à tout pour réussir ?

Pas du tout. Je ne suis pas intéressé par le pouvoir, mais par la création.

 

Comment choisissez-vous vos rôles ?

Cela dépend évidemment de ce qu’on m’offre. Je regarde d’abord le défi à relever, et ensuite si je n’ai pas déjà fait ça auparavant et puis si c’est dirigé par quelqu’un dont je sais qu’il fera du bon boulot.

 

Le Roi Arthur sort en France le même jour que l’ouverture du Festival de Cannes. Quel est votre meilleur souvenir de Cannes ?

C’est indéniablement lorsque j’ai été membre du jury. C’était une super expérience de pouvoir voir tous ces films merveilleux et de toucher du doigt la diversité internationale du cinéma.

 

Dans vos projets, il y a toujours Sherlock Holmes 3. Que pouvez-vous en dire ?

Rien. On en discute presque depuis la fin du premier. On a plusieurs idées, un scénario est dans les tuyaux, mais il faut désormais que tout se coordonne. Que Robert Downey soit libre, que Guy Ritchie le soit aussi, tout comme moi, que le scénario et le financement soient parfaits, parce que nous voulons que le troisième soit le meilleur des trois. Ça demande donc du travail, mais on a tous envie de le faire.

 

Et est-ce qu’il y aura une suite à The Young Pope avec vous ?

Il est possible qu’il y ait une saison 2, mais ce n’est pas encore certain. Et si cela se fait, ce sera l’année prochaine.

 

Pour terminer, vous vous souvenez de votre première venue à Paris ?

Je viens ici depuis des années, je ne me souviens pas de la toute première fois, mais je me rappelle que je buvais des (en français) « citrons pressés » sur les terrasses de Montparnasse.

 

Un mot de conclusion ?

C’était très agréable de parler avec vous.

 

Le Roi Arthur : La Légende d’Excalibur, de Guy Ritchie, avec Charlie Hunnam, Astrid Bergès-Frisbey et Jude Law. Aventure. Sortie le 17 mai

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