Mazowsze / Teatr Wielki
27 mars 2017  / Scenes

Une jeunesse polonaise

Carine Chenaux
07/03/2017

Né au sortir de la Seconde Guerre Mondiale, comme une revanche dans les ruines de Varsovie, Mazowsze, véritable ode chantée et dansée à la culture polonaise, réunit depuis, les meilleurs jeunes artistes du pays, qui génération après génération, séduisent le monde entier.

A Varsovie, sur un immeuble du quartier central de Śródmieście, une plaque de marbre indique qu’il fut un jour la résidence du compositeur Tadeusz Sygietyński, reconnu ici pour être à l’origine d’un fleuron national, l’ensemble Mazowsze. C’est en 1944, dans cette même ville quasiment entièrement détruite par les bombes allemandes, que le musicien et sa compagne, Mira Zimińska une célèbre actrice de l’entre-deux guerres, se firent la promesse, s’ils survivaient, de faire perdurer par tous les moyens, la culture de leur pays. En 1948, à l’heure de la reconstruction, ceux-là ne manquèrent pas à leur serment et commencèrent de réunir les meilleurs talents du cru, chanteurs et danseurs, mais aussi d’écrire des thèmes inspirés des classiques polonais pour l’un, et pour l’autre, de parcourir la région de Mazovie (celle de Varsovie) pour retrouver d’anciens costumes traditionnels qui auraient pu être épargnés. En 1950, la troupe était fin prête à sillonner son pays et puis le monde, jusqu’à une première étape parisienne en 1954, particulièrement marquante, peut-être du fait de l’importante diaspora présente en France, qui achèvera de garantir leur renommée.

Aujourd’hui, l’ensemble artistique continue de parcourir la planète, à la plus grande joie des artistes qui n’en reviendraient presque toujours pas d’être acclamés en Australie ou en Corée. Mais c’est que le spectacle, certes d’obédience folklorique, est aussi par sa précision, à mille lieux de ressembler à une fête de patronage. Une visite dans le théâtre qu’occupe la troupe à Otrębusy, sur un vaste domaine verdoyant en banlieue de Varsovie, suffit à comprendre l’exigence qui régit ici. Sous la baguette d’une maître de ballet intransigeante, les danseurs, pour la plupart rompus à la pratique du classique, répètent sans faille des figures qui doivent faire oublier leur technicité. Leur succèdent les chanteurs, virtuoses, menés de façon tout aussi rigoureuse, qui délivrent des airs mélancoliques ou joyeux, tandis que dans la fosse, l’orchestre obéit aux sollicitations du « maestro ». Souvent même, musique et danse se répondent, car quand les danseurs font mine de chanter à tue-tête, ce n’est pas une bande-son qu’on enclenche, mais bien leurs collègues qui officient derrière le rideau. 

Maxime, un jeune danseur belge de 27 ans, seul non-Polonais de la troupe, dont le rêve d’enfant de l’intégrer un jour a pu se réaliser au terme de mille sacrifies et presque autant de castings précise : « Tout membre du groupe, quelle que soit sa spécialité, doit être polyvalent. Les interprètes doivent aussi être à la hauteur question danse, et l’inverse est tout aussi vrai. » Et d’évoquer tout en tempérance, le sacerdoce que représente l’appartenance à cette formation, riche d’une centaine de performers : « Nous vivons ensemble 7 jours sur 7, mais l’ambiance est celle d’une famille. Et si le spectacle est calculé au millimètre près, nous avons le droit d’y intégrer quelques touches personnelles ou de petites private jokes, tant qu’elles ne perturbent pas le public. » Pendant ce temps, apparat oblige, non loin des vitrines qui exposent de vieux costumes sublimes, les couturières travaillent à des merveilles qui s’en inspirent et qui nourrissent un dressing magnifique dans lequel on rêverait de piocher pour un mix & match de toute beauté. C’est que le spectacle, témoignage d’hier, est dans le même temps parfaitement ancré dans la modernité. En témoignent une vidéo virale qui montre dans un festival, les Mazowsze en pleine séance de « Jump, Jump » (de Kriss Kross, celui-là) avec le groupe ethno-électro Gooral ou l’annonce récente du tournage d’un film du réalisateur Pawel Pawlikowski. Oscarisé pour le film Ida, celui-ci serait ainsi en préparation d’un nouveau long-métrage qui raconterait l’histoire d’amour de Tadeusz et Mira, les initiateurs de cette belle histoire riche d’émotions, beaucoup, beaucoup plus glamour que celle d’un simple groupe folklorique. 


Ballet, chœur et orchestre de Pologne, Mazowsze, le spectacle aux 1000 costumes, le 27 mars au Grand Rex, 1 boulevard Poissonnière, 2è. M° Bonne Nouvelle. A 15h et 20h. Places : de 32 à 65 €.

Infos
Tarif

Places : de 32 à 65 €

Lieu

Grand Rex
1 boulevard Poissonnière
75002 Paris

M° Bonne Nouvelle

Horaires

Le 27 mars
A 15h et 20h

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