Festival de Cannes 2016 © Maxime Bruno / CANAL+
du 17 au 28 mai 2017  / Festivals

70e édition du Festival de Cannes : glamour, gloire et bons films

Fabien Menguy
16/05/2017

La grande fête du cinéma est de retour sur la Croisette avec son cortège d’œuvres et son florilège de stars. Focus sur le cru 2017, 70e édition du festival de films le plus connu au monde.

Les cadeaux-surprise


© FDC

70 ans, ça se fête, et pour marquer le coup, le délégué général du Festival, Thierry Frémaux, a concocté de nombreuses surprises aux festivaliers, comme une installation de réalité virtuelle d’Alejandro G. Iñárritu sur les migrants (Carne Y Arena), la rencontre entre Agnès Varda et le photographe JR dans le documentaire Visages, villages ou, en exclusivité, les deux premiers épisodes de la saison 3 de Twin Peaks, la série culte de David Lynch. La présence de séries à Cannes est aussi marquée par l’intégrale de la saison 2 de Top of the Lake de Jane Campion. Autre surprise, pas forcément bien vue par les distributeurs traditionnels de cinéma, la sélection en compétition officielle de deux films Netflix, qui ne sortiront donc pas en salle, même en cas de Palme d’Or : The Meyerowitz Stories de Noah Baumbach (Greenberg, Frances Ha), avec Adam Sandler et Ben Stiller, frères en conflits réunis autour de leur père, Dustin Hoffman. Et Okja, un conte fantastique sud-coréen de Bong Joon-Ho, le réalisateur de Memories of Murder

 

Où sont les poids lourds ?


Les Proies © Focus Features


Cette année, point de Scorsese ni de Frères Coen, de Ken Loach ou d’Émir Kusturica, mais un seul dinosaure en compétition : le double palmé d’or Michael Haneke et son Happy End, instantané d’une famille bourgeoise européenne au casting alléchant (Isabelle Huppert, Jean-Louis Trintignant, Mathieu Kassovitz). Roman Polanski étant présent, mais hors compétition avec D’après une histoire vraie – un thriller avec Emmanuelle Seigner et Eva Green – Cannes 2017 a donc dû se creuser la tête pour trouver des prétendants solides, comme le confirme Thierry Frémaux : « Quand on construit une compétition avec une part non négligeable de gens qui ont l’habitude de venir à Cannes, quand ces gens-là sont moins nombreux ou sont au travail, vous ne trouvez pas si aisément que ça de quoi faire une compétition du niveau de celle de Cannes. ». Heureusement, quelques solides habitués étaient prêts, comme Todd Haynes remarqué avec Carol, de retour avec Wonderstruck, un conte sur deux enfants sourds en 1927 et 1977. Idem pour Hong Sang-soo (Un jour avec, un jour sans, Ha Ha Ha) là avec Le Jour d’après sur les malheurs d’un mari infidèle, ou la réalisatrice japonaise Naomi Kawase (Grand Prix du jury avec La Forêt de Mogari) qui mettra toute sa délicatesse au service de Hikari, la romance entre une audio descriptrice de films et un réalisateur perdant la vue. Et, bien sûr, Sofia Coppola qui, dans Les Proies jettera Colin Farrell, soldat de la guerre de Sécession dans un pensionnat de jeunes filles.

 

La France en marche


120 battements par minute, réalisé par Robin Campillo © Celine Nieszawer


Cette année encore, la France n’est pas en reste dans la sélection officielle et fait plutôt bonne figure. Ouvrant le bal hors compétition avec l’intello, classique mais classieux, Les Fantômes d’Ismaël d’Arnaud Desplechin avec Mathieu Amalric, Charlotte Gainsbourg et Marion Cotillard, la sélection française gravera peut-être son nom au palmarès avec le solide Rodin de Jacques Doillon porté par Vincent Lindon. La plongée dans les années Sida aux cotés des militants d’Act Up dans 120 battements par minute de Robin Campillo (Les revenants) fera peut-être battre le cœur des jurés. À moins bien sûr que le charme vénéneux du thriller tordu et sulfureux L’Amant double, concocté par François Ozon, ne séduise le président du Jury, Pedro Almodóvar. Tout cela sans compter que le charme so Nouvelle Vague de Louis Garrel, dans la peau de Jean-Luc Godard, ne fasse mouche dans le portrait du cinéaste que dresse Michel Hazanavicius dans Le Redoutable. Une nostalgie très seventies à retrouver également dans Barbara de Mathieu Amalric qui, en ouverture de la section Un Certain Regard confiera le rôle de la mythique chanteuse à son ex-femme, Jeanne Balibar.

 

Et les stars dans tout ça ?


© FDC


Promptes à monter les marches, les stars de la Croisette cette année seront sans conteste Nicole Kidman et Colin Farrell, tous deux en compétition à l’affiche du Sofia Coppola, mais également de Mise à mort du cerf sacré de Yorgos Lanthimos, l’intrigant réalisateur de The Lobster. On verra en plus Nicole Kidman dans How to Talk to Girls at Parties (hors-compétition) de John Cameron Mitchell, le réalisateur barré de Hedwig and the Angry Inch qui filmera des extraterrestres dans le Londres des années 70. Isabelle Huppert aussi se dédoublera dans le Haneke et dans La Caméra de Claire, un film tourné à l’arrache par Hong Sang-soo dans les rues du Festival l’an passé (en séance spéciale). Pour attirer les foules, Robert Pattinson sera un braqueur sous pression dans Good Time. Et quand Robert Pattinson est là, Kristen Stewart n’est jamais très loin, puisqu’elle viendra présenter son premier court-métrage en tant que réalisatrice : Come Swim. Alourdi de quelques kilos et d’une barbe immense, Joaquin Phoenix jouera les vétérans tentant de sauver une jeune fille d’un trafic de prostitution dans You Were Never Really Here

Et le jury ne sera pas en reste côté star avec la somptueuse Jessica Chastain et le bling-bling Will Smith. Peut-être pas de gros mastodontes attendus cette année donc, mais du glamour encore et toujours, de belles surprises et un jury qui, entre les cinéastes aux univers très riches que sont Pedro Almodóvar, Park Chan-Wook (Old boy, Mademoiselle) ou Paolo Sorrentino (La Grande Bellezza, The Young Pope) préfigurent un palmarès intéressant. Un cinéma divers, varié et en pleine forme pour faire que ce 70e Festival de Cannes reste, comme le souligne Thierry Frémaux, ce qu’il est et a toujours été : « Une manifestation dédiée à l’art, au cinéma, mais aussi à quelque chose qui ressemble à une rencontre, à une vision du monde et à une promesse du vivre ensemble ».

(Photo : Pedro Almodovar, président du jury 2017 © Maxime Bruno / CANAL+)

 
Du 17 au 28 mai. www.festival-cannes.fr


 
 
Cannes à la télé


Sur Canal+
Cérémonie d’ouverture le mercredi 17 mai à 19h15 et cérémonie de clôture le dimanche 28 mai à 19h15 présentées par Monica Bellucci, maîtresse de cérémonie.


La Sélection cannoise, diffusion de films des sélections 2015 et 2016 à partir du 17 mai à 21h.

Sur Cine+ Classic
Cannes 1939 aura bien lieu, la sélection annulée de 1939, du 17 au 28 mai à 20h45 sur Cine+ Classic avec des films comme Mr. Smith au sénat de Frank Capra ou Le Magicien d’Oz de Victor Fleming. 


Sur OSC Max
Cannes, Séries & Cie, du 20 au 27 mai à 20h20.


Sur France 4
Programmation cannoise du 17 au 28 mai à 20h55.

 

Et sur le web


Sur www.womeninmotion.com
Talk Women in Motion, masterclass de femmes qui font le cinéma à retrouver en ligne chaque jour.

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