06 juin 2017  / High Tech

Le vélo à assistance électrique a le vent en poupe

Olivier Roy
06/06/2017

Autrefois produit d’élite, le vélo à assistance électrique (VAE) se démocratise à vitesse grand V, encouragé par les subventions d’État. Serait-ce le moment de franchir le pas ? Et si oui, comment choisir entre les deux grandes catégories ?

Si, en 2016, les ventes de bicyclettes en France ont dépassé le seuil du milliard d’euros, c’est en grande partie grâce aux VAE. D’après les chiffres de l’Union sport et cycle cités par Le Monde, il s’en serait écoulé 134 000 en 2016, soit 33 % de plus qu’en 2015. Ce qui reste peu par rapport au total des vélos vendus (5 %) ; mais si la croissance se maintient, cette part pourrait rapidement s’approcher de celle de l’Allemagne (15 %).

Pourquoi une telle démocratisation ?

Même si les VAE ne sont pas des vélos qui avancent tout seuls et qu’il vous faudra toujours pédaler pour aller de l’avant, l’aide au pédalage est un atout évident. Ce type de vélo offre les avantages de la bicyclette sans les inconvénients. Respecter l’environnement, c’est bien, mais arriver dans des vêtements trempés de sueur au travail ça l’est beaucoup moins. S’il faut certes débourser entre 700 et 3 000 euros pour un VAE, c’est nettement moins que le prix d’un scooter. D’autant que ce coût est réduit par les institutions, qui cherchent à encourager le transport écologique. Ainsi, la Ville de Paris propose une généreuse aide à l’achat, d’un maximum de 400 euros (ou 33% du prix du vélo) ; alors qu’au niveau national, la subvention est limitée à 200 euros (ou 20%). Ajoutez la contribution de certaines entreprises aux coûts de déplacement, et la facture peut être conséquemment réduite.

Capteur de force : le nec plus ultra

Des deux types de VAE existants, celui à privilégier comporte un moteur au niveau des pédales, qui fournit une assistance électrique en fonction de la pression exercée dessus. Mais cette technologie, dite à capteur de force, est plus sophistiquée, et coûte donc plus cher. Les vélos de ce type coûtent au moins 1500 euros et jusqu’à 3000 euros s’ils affichent sophistication et design.

C’est le cas du B21 de Gitane, notre grand coup de cœur. Premièrement, et contrairement à beaucoup de VAE, le B21 est beau ! Comme sa batterie est incorporée dans son cadre, on dirait presque un vélo normal. Ensuite, son design minimaliste – finition noire mat, trait rouge vif, tableau de bord rétro – évoque drôlement K2000 ou l’Agence tous risques ! Nostalgie, quand tu nous tiens… Ce look réussi, couplé à la taille plutôt massive de l’ensemble, donne au B21 une allure folle.

Mais c’est surtout par sa conduite que le B21 se démarque. Si la lourdeur de l’engin occasionne des démarrages difficiles, le moteur s’enclenche en quelques tours de pédale, et l’effet de boost est plus qu’agréable. On se retrouve rapidement à 25 km/h – vitesse maximale à laquelle les moteurs des VAE son bridés – et on maintient très facilement une vitesse de croisière sur le plat, sans trop forcer.

Comme le B21 comporte 10 vitesses, que l’on change très rapidement grâce à son embrayage de pointe, on peut rouler de façon sportive si on le souhaite. Mais c’est bien sûr dans les montées que ce VAE, comme tous ses confrères, justifie son prix. Non seulement on gravit les plus raides collines sans peiner ; mais à chaque fois qu’on rétrograde la vitesse, la batterie donne un coup de pouce supplémentaire. D’où la très agréable sensation d’accélérer en montée !

Enfin, la grande taille du B21 associée à son assistance tout en subtilité fait qu’on a la très agréable impression de voler au-dessus de la route. Cet aspect est peut-être le principal argument en faveur du B21. Il nous a permis de réduire le temps de notre trajet quotidien de plus de 20 %, qui plus est sans transpirer.

Bien sûr, tout n’est pas non plus tout rose. La fonctionnalité d’aide au démarrage du B21, censée donner un coup de boost aux départs, est trop longue à se mettre en branle, donc inefficace. L’absence d’amortisseurs rend pénibles les pavés et autres surfaces inégales. Et enfin, le joint principal du guidon de notre modèle de test avait tendance à se défaire légèrement.

Toujours est-il que le B21 nous a largement vanté les mérites des VAE. À adopter si l’on peut se le permettre…

Capteur de pédalage : l’option abordable

Chez l’autre type de VAE, à capteur de pédalage, le moteur est activé après quelques tours de pédales, et sans lien avec la pression exercée. L’aide est soit ‘on’, soit ‘off’, et non pas de façon progressive, mais seulement en fonction de la vitesse choisie sur le panneau de contrôle du moteur électrique. C’est nettement moins subtil que les VAE à capteur de force, et parfois difficile à contrôler, par exemple lorsqu’on manœuvre entre les voitures.

Étant donné que ce système, moins sophistiqué, est forcément plus simple, les modèles sont plus abordables. Nous avons testé un vélo de milieu de gamme, le City de CyclO2, qui coûte 1250 euros ( on peut trouver des modèles de qualité à partir de 700 €).

Les “pour” et les “contre”

Ce type d’assistance, qui se rapproche davantage des mobylettes, permet au moins de mieux anticiper les coups de boost. Avec les VAE à capteur de force, l’assistance ne s’enclenche pas toujours quand on s’y attend. Mais forcément, comme le moteur d’un VAE à capteur de pédalage s’active à chaque démarrage, il consomme plus d’électricité.

Pour notre test, nous avons effectué plusieurs trajets de 22 km par jour. Il nous a fallu recharger la batterie du City tous les jours, contre tous les deux jours pour celle du B21. Les modèles à capteur de force sont donc plus écologiques, et pèseront moins sur la facture d’électricité que les VAE à capteur de pédalage.

Le City a sinon l’avantage sur le B21 d’être plus confortable. D’abord parce qu’il s’agit d’un vélo de ville, qui offre une assise plus droite qu’avec le format quasi-VTT du B21 ; ensuite, parce qu’il propose des amortisseurs à l’avant, et au niveau de la selle ; et enfin, parce que son cadre ouvert facilite l’enjambement. On est en revanche moins convaincus de la solidité à long terme du City. Il s’agit d’un assemblage de pièces majoritairement chinoises (certes, assemblées en France), et le vélo de Gitane, fabriqué en France, semble nettement plus durable (malgré le bémol du guidon sur le nôtre).

Le VAE à capteur de pédalage reste donc un bon compromis pour ceux qui souhaitent franchir le pas sans se ruiner. Alors que le VAE à capteur de force, certes moins cher, préserve davantage les sensations du cyclisme, tout en consommant moins d’électricité. Son coût plus élevé s’amortira donc à plus long terme.

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