High Tech, téléviseur, Samsung, A Nous Paris
07 octobre 2015  / High Tech

Télé, tablettes, mobiles : des écrans toujours plus grands

Olivier Roy
07/10/2015

Téléviseurs géants, tablettes aussi grandes qu’un ordi, téléphones aux allures de tablettes... De nos jours, en matière d’écrans, il semblerait que seule la taille compte. Vrai ou faux ?

Les téléphones

L'inexorable montée du “phablet"

Il fut un temps où plus un téléphone portable était petit, mieux c’était. Dans Zoolander, le film-parodie de la mode maintenant devenu culte, le personnage principal se targue d’avoir un appareil plus petit que son pouce ! Aujourd’hui, c’est tout l’inverse.

Depuis 2007, les écrans de nos téléphones ont augmenté de 40 %, pour atteindre une taille moyenne de 5 pouces/12,7 centimètres (la taille, habituellement mesurée en pouces, étant la ligne diagonale entre un coin de l’écran et le coin opposé).

De plus, le phénomène s’est accéléré dernièrement : il n’aura fallu que deux ans pour passer de 4 pouces en 2012, à 5 l’année dernière. À cette époque, les écrans de téléphone de plus de 4,5 pouces représentaient 10 % des modèles ; aujourd’hui, ils représentent 80 %.* Si Samsung a amorcé la pompe avec son tout premier modèle Note, de 5,3 pouces – sorti en 2012, quand la moyenne était de 3,8 – Apple a fini par suivre la tendance. Sortis fin 2014, les iPhone 6 et 6 Plus, les plus grands téléphones jamais fabriqués par la marque à la pomme (4,7 et 5,5 pouces respectivement), ont fait grossir les ventes de la firme de 46 % par rapport à la même époque de l’année dernière. Une grande partie de ces ventes est venue de la Chine, ce qui confirme la préférence particulière des marchés asiatiques pour les écrans XXL. En effet, les Coréens, Chinois et Japonais en particulier semblent particulièrement friands des phablets, ces combinaisons de phones et de tablets qui mesurent en général plus de 5,5 pouces. Notamment parce que Samsung (cité par cnet.com) a remarqué que les consommateurs asiatiques cherchaient des téléphones suffisamment grands pour éviter l’achat supplémentaire d’une tablette. D’où leur premier Note ; modèle disponible aujourd’hui jusqu’au format 5,7 pouces. Qu’on l’aime ou pas – il faut avouer qu’on a l’air assez ridicule avec un phablet collé à l’oreille – la tendance n’est pas près de d’essouffler.

D’après les analystes du cabinet Juniper, presque 3 fois plus de phablets seront vendus en 2019 qu’aujourd’hui (400 millions d’unités comparés à 138 millions). De quoi faire frémir Derek Zoolander ! Le phénomène des téléphones XXL serait donc incontournable. Mais comment l’expliquer ? Plusieurs possibilités. D’après une étude mondiale citée par l’excellent blog qz.com, au moins 70 % des utilisateurs de smartphones s’en servent pour regarder de la vidéo. Un point qui illustre bien à quel point les utilisations de nos téléphones portables ont changé ces dernières années. Alors qu’au début, on s’en servait surtout pour se parler, c’est aujourd’hui l’inverse : seulement 20 % du temps que nous passons sur nos téléphones serait pour la communication vocale, d’après une étude l’an dernier du site américain Mashable sur les nouveautés et le développement de la téléphonie mobile. Soit 80 % de notre temps de portable passé à regarder nos téléphones… d’où le ‘besoin’ d’écrans toujours plus grands. Mais cela ne concerne pas que la vidéo : entre les réseaux sociaux, les chat, la consultation d’applis et autres jeux vidéo, les smartphones sont devenus des coûteaux suisses indispensables. Ils pourraient même bientôt rendre désuets nos portefeuilles, si le paiement par mobile finit par se démocratiser, sans parler de nos ordinateurs ?

La conclusion est toute faite : les smartphones sont devenus nos ordinateurs principaux, les ordinateurs de bureau — même portables — servant principalement à travailler. Et plus on fait de choses sur nos téléphones, plus on a besoin de grands écrans. Ce n’est pas pour rien que les dernières systèmes d’opération mobiles de Google et d’Apple proposent des modes à deux fenêtres, pour faire du multi-tasking sur le même téléphone et tablette. Enfin, si les ventes de smartphones (XXL) cartonnent en ce moment, celles des tablettes ont ralenti de façon notable ces dernières années. La faute, sans doute, aux phablets. La réponse d’Apple ? Toujours plus grand ! Prévu pour novembre, l’iPad Pro (environ 800 euros) sera doté d’un écran gargantuesque, de 12,9 pouces. De plus, plutôt ironiquement par rapport à notre point ci-dessus, il visera surtout une utilisation professionnelle. Alors que son stylet tactile — accessoire familier des utilisateurs de phablets ! — cherche à épater les dessinateurs, son clavier assorti le transforme presque en ordinateur de bureau. Ordinateur qui ressemble étrangement au Surface, la tablette de Microsoft, sorti il y quelques années déjà. Comme quoi, l’invention, c’est très souvent de la réinvention…

Les téléviseurs

Toujours plus de résolution

Cette appétence pour les écrans toujours plus grands ne se limite pas à nos gadgets portables. Elle va également jusqu’à dans nos salons, par le biais de nos téléviseurs. Explications. Il y a six ans, Nathan Yau a analysé l’évolution de la taille des écrans de TV aux Etats Unis depuis 2002, pour le blog flowingdata.com. A cette époque, la taille moyenne d’une télé était de 34 pouces. D’après ces données, il a réussi à extrapoler que la taille moyenne en 2015 serait de 60 pouces, et donc que nos téléviseurs doubleraient de taille en treize ans. Il n’aura pas été très loin du compte.

Aujourd’hui, si la plupart des écrans dans un pays comme l’Angleterre font entre 33 et 50 pouces (source : BARB), une minorité grandissante possède une dalle de plus de 51 pouces. Et si l’on veut s’offrir un téléviseur aujourd’hui, mieux vaut opter pour un modèle ultra-haute définition (UHD, ou 4K). Chez Sony, par exemple, ces modèles commencent à 43 pouces… et le format 55 pouces commence lentement mais sûrement à s’imposer comme la taille idéale. Nous ne sommes donc pas loin de la prédiction de Yau, faite en 2009.

Après avoir testé un modèle de cette taille — la 7600 de Philips — on peut effectivement confirmer l’intérêt du format. Certes imposant dans un sens, un tel téléviseur ne l’est pas forcément sous tous les angles : de plus en plus fins, ils ne se remarquent presque pas… vus de côté ! Mais l’intérêt principal réside, bien sûr, dans la qualité de l’image, et l’immersion dans cette dernière. Si les sources de contenus UHD/4K manquent actuellement (nous vous en parlions récemment), les téléviseurs de cette taille et qualité délivrent des images d’une finesse ahurissante, qui se remarque notamment lorsqu’on regarde des films en HD. Les sources de qualité inférieure, par contre, sont exacerbées, ces écrans ultra-précis faisant ressortir tous les défauts de l’image. Mais, comme au début des premiers téléviseurs HD, ces défauts s’estomperont avec la mise à norme progressive des différentes sources d’images.

Bref, la TV à grand écran, ce n’est que du positif. D’autant qu’on peut se placer plus près qu’avec les télés à plus faible résolution, la multiplication des pixels faisant que nos yeux se fatiguent moins à décoder les images. C’est justement cette augmentation des résolutions qui explique l’agrandissement des écrans de télé. Si VGA, l’un des tout premiers standards d’images télévisuels, désignait une image de 640 x 480 pixels, le 4K désigne 3840 x 2160. Les images actuelles sont donc six fois mieux définies aujourd’hui que dans les années 80. Et requièrent donc des écrans toujours plus grands pour les afficher. Mais tous comme les téléphones, qui doivent après tout rentrer dans nos poches, les téléviseurs doivent rentrer dans nos salons.

Leur augmentation ne peut donc pas être infinie. Jamais à court de ressources, les fabricants high-tech ont prévu le coup. Samsung, entre autres, table sur les écrans incurvés, pour augmenter l’immersion sans (trop) agrandir l’image. C’est le cas de son impressionnant 55JS9000, un écran incurvé de 55 pouces avec une barre de son adaptée (environ 2600 euros). Mais la marque coréenne ne compte pas s’arrêter là. Elle a récemment présenté un téléviseur de 85 pouces — oui, presque trois fois plus grand que la taille moyenne de 2009 — et surtout flexible, c’est-à-dire à courbe modifiable, ce qui le permet de s’adapter à la pièce, et au niveau d’immersion souhaité. De là à l’immersion totale de la réalité virtuelle, il n’y a qu’un pas…

*Source : Alex Barredo, qui a analysé plus de 7000 modèles pour arriver à ces résultats. Plus d’info : http://bit.ly/1wxrHAq

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