© Christophe Saidi / FFT
du 28 mai au 11 juin 2017  / Sport

Roland-Garros : Nadal en quête de la "decima"

Stéphane Koechlin
16/05/2017

L’édition 2017 du tournoi s’annonce indécise. Pour beaucoup de joueurs trentenaires, la fin approche. Il faudra que Nadal soit en grande forme physique pour remporter ses dixièmes Internationaux de France et retarder l’intronisation de la nouvelle génération qui frappe à la porte.

Le monde n’a jamais oublié le match de boxe Foreman/Ali au Zaïre, ni le dénouement du Tour de France entre Fillon et Greg Lemond. Au chapitre des grands affrontements du sport demeurera aussi l’incroyable finale de Melbourne en janvier, qui a vu Federer remporter, à 35 ans, son 18e titre du Grand Chelem face à un Nadal lui aussi ressuscité. Il aura fallu un match miraculeux pour que le tennis retrouve son panache, et des souvenirs un jour contés au coin du feu. Les retours des Seigneurs ont réveillé le public. À l'heure où nous écrivons, Federer hésite à participer à Roland-Garros, car la terre battue, comme la « kryptonite » pour Superman, lui fait perdre de son pouvoir. Si le tournoi s’est offert gracieusement à lui, en 2009, il sait que la probabilité d'y survivre à son âge reste faible, que sur ces vastes courts de poussière rouge, il charge avec le fatalisme des cavaliers d’autrefois certains de finir fauchés par la mitraille. 

Même Nadal, avec ses 31 ans, neuf fois vainqueur, et plus proche de sa « décima » qu’il ne l’a jamais été, court après le temps et l’histoire. Il en va du tennis comme des saisons, des étés pourris ou étouffants, des hivers sans neige. Nous n’avons pas envie de voir disparaître des champions tant aimés, comme une petite mort qui s’appelle pour eux la vie. Depuis dix ans, nous partageons leurs doutes, espoirs, nous sommes invités à leur mariage, nous voyons naître leurs enfants. Beaucoup de ces champions semblent regarder ailleurs. Notre numéro un Jo-Wilfrid Tsonga pouponne, Serena Williams attend un “heureux événement” qui l’a contrainte à renoncer. Novak Djokovic a remercié son équipe, comme si depuis sa victoire à Roland, en 2016, il avait égaré sa motivation. Gaël Monfils erre en plein doute. « Je ne crois pas du tout à l’effet magique de Roland-Garros », a-t-il dit après sa défaite contre Gilles Simon à Madrid. « Gagner un match, au moins un ! » Vœu pieu improbable chez lui. Même Andy Murray, qui fête ce mois-ci son 30e anniversaire, comme Novak, semble moins conquérant.

Il est peut-être temps de se montrer infidèles. Nous sommes prêts à aimer le fantasque Kyrgios, l’accrocheur Alexandre Zverev, le frappeur autrichien Dominic Thiem qui vient de battre Murray, ou le Français Lucas Pouille, espoir de notre tennis national, sans doute un peu seul. Chez les femmes, en l’absence de Serena, l’Allemande Angélique Kerber, n°1 mondiale bancale, jouera le rôle de patronne, tandis que les Français soutiendront Kristina Mladenovic et la friable Caroline Garcia, trop souvent éliminée au premier tour. Les deux tableaux s’annoncent ouverts, augurant d’un spectaculaire passage de couronne.

Des annonces…

Mais cette année, le nouveau directeur de la Fédération française, Bernard Giudicelli, nommé en février, aura dû régler deux cas épineux. Maria Sharapova, double vainqueur à Roland-Garros, revenue de suspension pour dopage, recevra-t-elle l’une des huit « wild cards » accordées aux joueuses « méritantes » ? Cette perspective provoque la colère des autres compétitrices. La décision sera prise le 16 mai. La Fédération a aussi annoncé sur son compte Twitter qu’elle n’accorderait pas d’accréditation au champion roumain Ilie Nastase. Le vainqueur 1973 occupait une sympathique loge en compagnie de son ami Ion Tiriac. Mais ses propos racistes et sexistes contre la capitaine britannique Johanna Konta en larmes, lors de la rencontre de Fed Cup qui opposait la Roumanie à la Grande-Bretagne, lui ont valu une suspension de la Fédération internationale. Le tout frais directeur de Roland-Garros Guy Forget connaît bien Ilie Nastase qu’il battit en 1982 au cours d’un match homérique et houleux. Un visage familier à tous les amateurs de tennis. Une figure qui vient de perdre sa loge. La place au paradis n’est pas grande. Mais elle se mérite.

Du 28 mai au 11 juin. M° Porte d’Auteuil. www.rolandgarros.com

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