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20 juin 2017  / Voyages

La Havane en vue

Paul Albertini, Cécile Wisniewski
20/06/2017

On l’entend souvent, maintenant que le blocus américain a été levé : il faut visiter Cuba sans tarder pour voir l’île authentique comme elle est encore, avec ses voitures de collection retapées (pour cause de non-importation de véhicules) et ses quartiers typiques. Si la transformation fulgurante fantasmée n’est probablement pas à escompter de sitôt, pas plus que l’achalandage pléthorique des magasins, on n’en néglige pas moins cette destination bouillonnante, en choisissant La Havane pour peu qu’on n’ait que le temps d’un city trip. Une ville chaleureuse à la créativité musicale (hip hop en tête) et artistique de plus en plus étonnante, à découvrir au fil de ses propres explorations, lors de son prochain carnaval ou à la faveur d’une croisière dans les Caraïbes. Sélection d’incontournables pour voyageur express

Carnaval


Drapeau de Cuba à la Havane © Thinkstock 

Pendant l’été, à La Havane, sans surprise, il fait chaud, et il est de coutume de conseiller à ceux qui craignent les températures élevées d’attendre la rentrée, si ce n’est octobre, pour entreprendre la visite. Les plus courageux ignoreront cependant le conseil, qui équivaudrait à louper, de mi-juillet à mi-août (les week-ends), le carnaval annuel de la ville, intense moment festif où toute entière, elle résonne de musique, de danses et de défilés. Déjà incontournable en temps normal pour la balade et l’animation, le Malecón, le boulevard qui, d’un bout à l’autre de la ville, longe tout le front de mer, joue les hot spots pour l’occasion.


Plaza de la Révolucion

Passage obligé du quartier moderne, cette place immense (conçue par un architecte français dans les années 20) et entourée de bâtiments administratifs, parmi lesquels le siège du gouvernement, est aussi celle de tous les grands rassemblements officiels. Inévitablement investie par les autocars de touristes et les photographes amateurs, elle vaut surtout pour ses deux immenses sculptures-portraits en fil métallique, posées chacune sur la façade d’un édifice par ailleurs austère. Si l’une représente une figure de la révolution méconnue chez vous, mais séduit pour l’injonction familière à Fidel Castro qui la souligne, l’autre, qui reproduit sur un ministère la plus mythique des photos du Che, a des allures de superstar.

 

Le culte d’Hemingway


Buste d'Hemingway dans le village de Cojimar © Carine Chenaux

A La Havane, les hommages muraux, livresques ou purement touristiques (cartes postales, magnets et consorts) à Fidel Castro et à Ernesto Guevara ne manquent pas. A ces deux figures culte, vient s’en ajouter une troisième, celle d’Ernest Hemingway qui vécut là une trentaine d’années, jusqu’au début des années 60. Située à une poignée de kilomètres de La Havane, à San Francisco de Paula, la maison qu’il acheta en bord de mer est ainsi devenue un musée où l’on rêve face à son bureau lumineux où trône toujours une machine à écrire. A l’est de la ville aussi, Cojímar, petit village de pêcheurs qui a inspiré l’écrivain pour l’écriture de son Vieil homme et la mer, vaut aussi le détour pour le petit mausolée érigé à sa gloire dans les années 60, aux abords d’un vieux fort. Ceux qui n’auraient pas le temps de ces pèlerinages littéraires les cheveux dans le vent se contenteront de boire son cocktail chéri dans son bar fétiche de La Havane, soit un daïquiri renommé « Papà doble » (et vendu un peu cher, forcément), au Floridita, lieu mythique de la non moins incontournable calle Obispo, rue phare du quartier animé et festif de la vieille ville. Pour boire un verre ou dîner, on pourra aussi opter pour le rooftop de l’hôtel Ambros Mundos, doté d’une vue imprenable et décoré des étranges et magnifiques céramiques de l’artiste Carlos A. Rodriguez. On y accèdera en empruntant un vieil ascenseur après avoir fait un stop à la chambre 511, premier point de chute d’Hemingway à son arrivée à Cuba et place to visit, bien sûr. Pour déguster un cocktail (au rhum) à la santé de l’auteur, comme à celle de nombre de musiciens et d’acteurs américains également passés par là, la Bodeguita del Medio, où se produisent toujours de petits groupes locaux mérite un stop. Pour être de la fête, pas besoin d’être en bande, les locaux, accueillants, taperont toujours la discussion avec les visiteurs pour peu qu’ils soient souriants. De quoi laisser Paris très loin.

 

Une vie de bâton de chaise


De Cuba, on ramènera du rhum peut-être, mais surtout des cigares, ou des cigarillos aux airs de cigarettes comme ces paquets de Cohiba, qui font le cadeau pas cher et parfait. Etape incontournable, même si on aimerait au passage virer les touristes bruyants pour passer davantage inaperçus, la Fabrique de Tabac Partagás, où l’on voit comment se sèchent et se roulent les feuilles de tabac, pour donner naissance à ces Rolls pour fumeurs initiés. Ambiance particulièrement authentique, avec discussions et transistors à plein régime, à peine dérangée par les observateurs ébahis. Pour info, on n’achètera jamais de cigares dans la rue, pour peu qu’on recherche des produits de qualité. 

 
Street art


L'artiste Salvador Gonzales © Carine Chenaux 

Passons sur les musées que tout visiteur saura trouver aisément s’il en a le temps, car la ville mérite surtout qu’on l’arpente de long en large et en extérieur. On y découvrira du coup, parfois sur des façades pas trop ravalées, une foultitude de merveilles de street art, y compris des œuvres de l’incontournable JR, arrivées ici à la faveur de l’énergie de la Biennale de La Havane. Pour une expérience concentrée et plus inattendue, on visitera une curiosité, la Callejón de Hamel, soit une petite rue investie par les soins du peintre et plasticien Salvador Gonzáles Escalona, devenue ainsi, un haut lieu de l’art de rue, foutraque et jubilatoire, à voir tous les jours, mais qui propose surtout tous les dimanches, une grosse fête « Street art rumba », de midi à 15h.

 

En mode croisière


Depuis deux ans, le Mondial du Tourisme n’en finit pas de signaler avec force cette nouvelle tendance, qui veut que ce mode de vacances ne soit désormais plus du tout choisi exclusivement par les seniors ou les familles avides de solutions de garderie. De plus en plus plébiscitée de manière générale, et en particulier par un public jeune et urbain, la croisière séduit par son côté à la fois nomade et « no stress » qui permet de visiter plusieurs pays sans refaire ses bagages à chaque fois, mais aussi par l’offre de plus en plus qualitative proposée à bord quand on il n’est pas question de s’échapper du bateau. La compagnie MSC qui l’a bien compris en initiant entre autres, une collaboration pour des spectacles sur mer avec le starissime Cirque du Soleil, inscrit depuis quelques mois à son catalogue, des croisières « Caraïbes » qui ont de quoi tenter les plus sceptiques. Avec pour point d’ancrage La Havane, pour visiter pendant deux à trois jours la ville (dont l’offre hôtelière n’est par ailleurs pas encore la plus incontournable qui soit), elle propose de faire le temps de son séjour, quelques stops qui ont de quoi faire rêver. L’une des options ainsi, propose en une semaine, de s’arrêter à raison d’une journée à chaque étape, à Montego Bay en Jamaïque, à Georgetown aux Iles Caïman, et à Cozumel, sur l’île de Yucatan au Mexique. Soit des vacances sans organisation qu’on pourra vivre en freestyle et forcément riches en expériences à raconter.

Renseignements : www.msccroisieres.fr.

 

A Paris


© Plaza Havana Club Paris 

Pour ceux qui n’iraient pas à Cuba, le rhum Havana Club propose comme chaque été un lieu éphémère dédié aux cocktails, mojitos en tête, aux accents d’autant plus authentiques, que des graphistes et artistes cubains (Giselle Monzon, Nelson Ponce et Edez Rodriguez Molano seront présents pour y concevoir une fresque in situ.

Plaza Havana Club, jusqu’au 21 septembre au Café A, 148 rue du faubourg Saint-Martin, 10è. www.plaza-havana.fr.    

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