Bars : 5 femmes qui agitent le monde du cocktail à Paris

L’ère du barman musclé, barbu et tatoué serait-elle en train de toucher à sa fin ? À Paris, la scène du cocktail est de plus en plus investie par des bartenders féminines, qui montent seule ou à plusieurs leur affaire. Un vent de fraîcheur qui fait du bien dans un milieu du bar encore très masculin. Tour de piste de ces barwomen qui agitent le monde de la mixologie !

Ruba Khoury au Dirty Lemon

Ruba Khoury barwomen
Crédit : Joris Allardon

 

« Un bar pensé par des femmes pour les femmes » : c’est en ces termes que Ruba Khoury, jeune trentenaire d’origine palestinienne, décrit son bar, ouvert fin 2019 dans le très animé quartier de Richard Lenoir. Le décor a été imaginé par l’architecte d’intérieur Viviane Chil, comme un cocon où se retrouver en fin de journée pour prendre un verre – murs en béton , tables en bois clair et banquettes rose poudré. Ici, tout le monde est le bienvenu, Ruba décrivant son bar comme « inclusif pour tou.te.s ». Au niveau de la carte, les boissons sont imaginées autour de jus de fruits et légumes frais, dans un esprit « détox ». « Boss bitch », « Tom Boy » ou encore « Hot Mama »… Ruba Khoury a nommé ses cocktails d’après des expressions généralement mal connotées pour parler des femmes. En sirotant un « Girl next door » (13 euros) – gin, aquavit, fenouil, jus de pomme, céleri et basilic – on enchaîne moules à la harissa, chou-fleur rôti et sumac ou encore, mais seulement de 23h à 1h, un kebab au barbecue à tomber.

Dirty Lemon

24 rue de la Folie-Méricourt, 11e.

Ouvert du mardi au samedi de 17h à 2h.

Les barwomen de Kouto

Barwomen Kouto
Crédit : Marion Motel

 

Derrière le bar, pas une mais deux femmes, partenaires dans leur business comme à la ville. Chirine et Marie Cabaret-Besenval shakent allègrement des cocktails que l’on choisit sur une carte pensée comme un calendrier : derrière Avril, un breuvage « frais et délicat », dont on saura seulement qu’il contient de la rhubarbe, tandis que la boisson Novembre sera plutôt qualifiée de « ronde et amère ». Des intitulés volontairement flous, pour laisser les clients suivre leur instinct. Peu de chances de se tromper tant les cocktails sont maîtrisés, mettant bien en valeur les liqueurs utilisées.

Kouto

40 rue d’Enghien, 10e.

Ouvert mardi et mercredi de 18h à 00h30 et du jeudi au vendredi de 18h à 1h30, le samedi de 19h à 1h30.

Jennifer Le Néchet chez Mino

Jennifer Le Néchet barwomen
Crédit : Mino (Instagram)

 

Faut-il vraiment présenter Jennifer Le Néchet, l’une des barwomen les plus en vue non seulement dans la capitale, mais dans le monde du cocktail international ? Devenue meilleure bartender du monde en 2016, cette jeune prodige du cocktail passée par le Café Moderne est désormais aux manettes de sa propre enseigne, Mino. Sur les hauteurs de Ménilmontant, l’équipe mitonne des petits mets méditerranéens, qui accompagnent à merveille les mixtures de la patronne, réalisées sur-mesure à la demande. Le dimanche, on peut même venir y bruncher pour se remettre d’un samedi soir trop arrosé…

Mino

42 rue de Ménilmontant, 20e.

Ouvert du mardi au samedi de 12h à 2h, le dimanche de 12h à 16h.

Carina Soto Velasquez de Quixotic Projects

Carina Soto Velasquez barwomen
Crédit : Carina Soto Velasquez (Instagram)

 

La Candelaria ? C’est elle. Le Mary Céleste ? Elle aussi. Les Grands Verres, au Palais de Tokyo ? Encore elle. Et la liste n’est pas exhaustive. Avec ses partenaires du groupe Quixotic Projects, la Colombienne Carina Soto Velasquez est à l’origine de plusieurs bars qui font parler d’eux dans la capitale. Les adresses de la trentenaire essaiment depuis une dizaine d’années aux quatre coins de Paris, mais notamment dans le quartier de Pigalle où elle a ses habitudes. Elle fait partie des cheffes de bars qui ont permis au milieu de se féminiser en France.

Quixotic projects 

Margot Lecarpentier et Elena Schmitt chez Combat

Margot Lecarpentier barwomen Combat
Margot Lecarpentier, barwoman chez Combat – crédit : Combat (Instagram)

 

C’est tous les soirs la fête autour du parc de Belleville, depuis que le bar Combat a ouvert ses portes en 2017. Un projet qui a failli ne pas voir le jour – les deux barwomen derrière Combat racontent régulièrement la frilosité des banques à prêter de l’argent à des femmes dans ce secteur. Le succès a pourtant été immédiat, grâce à des créations bien ficelées et des assiettes à partager de toute beauté. Trois ans plus tard, on est toujours KO face au talent de la joyeuse bande de bartendeuses qui tient l’endroit.

Combat

63 rue de Belleville, 19e.

Ouvert du mercredi au samedi de 18h à 2h, du dimanche au mardi de 18h à 00h.