A.Boire

Le jour où le café est devenu hors de prix à Paris

La première fois que j’ai payé 3 euros pour un café, j’étais à Bastille, dans un des bars qui se partagent la place. Ce jour-là, je me souviens avoir fulminé contre le prix exorbitant de la micro tasse servie. Un café comme on en vend des milliers chaque jour à Paris…

Une sorte d’espresso marron obtenu avec du grain moulu de mauvaise qualité dans une cafetière mal nettoyée. Une chose est sûre, le café Richard a vu plus de grimaces dans sa vie que votre dentiste. Il est pourtant servi dans 99% des bars-tabacs de la capitale. Je le trouve amer, j’ai besoin de me rincer la bouche avec un verre d’eau mais pendant longtemps – finance d’étudiante oblige – c’est ce que je buvais. En terrasse, debout au comptoir, quand les fins de mois étaient difficiles et que même la Kro en happy hour était devenue trop onéreuse.

tasse de café
©Annie Spratt / Unplash

Bobos et coffee shops à gogo ! 

Depuis, le temps a passé et les espresso ont continué de me coller des aigreurs d’estomac. Jusqu’au jour où, pour satisfaire à la nouvelle tribu à la mode (j’ai nommé les hispters), les coffee-shops façon Brooklyn sont apparus. Ampoules à filament, Kinfolk à disposition, plantes vertes et café artisanal… Que Dieu bénisse les bobos en marinière et barbe longue ! Mes papilles n’avaient plus à souffrir de l’amertume des cafés bon marché, grillés et trop cuits. On pouvait enfin savourer des grains torréfiés artisanalement. Déguster des arabicas concoctés dans des Marzocco rutilantes. Aimer le café filtre. Boire un café frais qui n’est pas seulement « fait à la machine » comme diraient les mecs du café Craft. Parce que le café raconte beaucoup plus que sa douce odeur grillée. Il est synonyme de convivialité et d’artisanat…

Je vous rassure, je n’ai toujours pas gagné au Loto, et je ne me paie pas tous les jours des Latte à 5 euros. Mais je suis effectivement capable de traverser la Seine pour acheter du café Lomi. Parce qu’il est bien meilleur que celui que j’achetais au supermarché en bas de chez moi. Et parce qu’après tout on n’est pas venus pour souffrir…