Maria Magdalena, du neuf à Pigalle

La mutation continue à Pigalle. Réduits à une peau de chagrin, les bars à hôtesses et strip-clubs continuent à mettre la clé sous la porte. Finies coquineries et arnaques au champagne, le Pigalle sexe a désormais soif.

Dernière adresse à changer de propriétaire, l’ancien Chris et Manu. Un lieu culte qui attirait depuis les années 80 tous les couples libertins de Paris et du monde entier, célibataires, épouses et maris volages en journée, échangistes en soirée. Revu et corrigé par l’équipe du bar Le Fourbi, le club s’est transformé en bar à cocktails et racheté une virginité, à la gloire de Maria Magdalena, sainte parmi les saintes, puis s’est payé un nouveau décor, aussi mystique qu’érotique. Derrière la façade aux lettres d’or, le bar mélange miroir en forme d’orgue, ampoules en croix, livres ancien et papillons collés au plafond, ajoute quelques positions du Kamasutra, une cage à lionnes et des balançoires au fumoir pour l’ambiance. Derrière le comptoir, Gérald et Adrian, les barmen, shakent une dizaine de cocktails signature, vintage dans les accords, et aux noms tous bien trouvés. Au choix, “l’acte des apothicaires” mixant gin et liqueur de tabac, “l’ordre des Chartreux”, recette à base de chartreuse et d’absinthe, ou le “Maria Magdalena”, valeur sûre de la maison, au pisco, Apérol et chartreuse. C’est un peu plus inégal dans l’assiette : risotto au whisky, foie gras et champignons parfait pour caler, tortilla de chorizo déstructurée à revoir, et ceviche passable. Tout Pigalle et tout le 9e débarque ici, les habitués du Fourbi aussi, bons sons dans les oreilles et bon esprit tous les soirs.

Photo Basilio Silva

 

 

Quelle ambiance ?

Ambiance Pigalle fin de siècle, avec livres ancien et papillons collés au plafond, positions du Kamasutra, cage à lionnes et balançoires au fumoir.

Pourquoi on y va ?

Les 10 cocktails maison.

Pour qui ?

Les fans de cocktails.