1 pays, 1 petit-déj : que mange-t-on en Russie ?

On ne va pas se le cacher, la cuisine russe n’est pas franchement connue pour sa finesse et sa légèreté. Pourtant, au petit-déjeuner, elle constitue un allié essentiel et franchement savoureux pour affronter le grand froid. A grand renfort de gluten on y déguste toutes sortes de crêpes, porridges et autres tartines. De Saint-Pétersbourg à Vladivostok, la caravane du petit-déjeuner vous embarque au cœur des plaisirs matutinaux russes.

 

Patates et vodka

poupées russes et bouteilles de vodka
Délicatesses russes Photo via Flickr ©appaIoosa

 

Avec ses 17 millions de km² et pas moins de 14 pays limitrophes, la Russie, pays le plus vaste du monde, ne manque pas de variété dans ses influences. Alors forcément, cela se ressent dans sa cuisine. On ne dine ni ne déjeune donc pas de la même façon au bord du lac Baïkal qu’à la frontière Géorgienne. Un point commun fédère cependant la gastronomie russe : c’est le climat. Car, outre la difficulté à faire pousser de la papaye en banlieue de Moscou, la nécessité d’emmagasiner suffisamment de calories pour supporter les températures frigorifiques ont, de tout temps, poussé les Russes à manger copieusement. C’est ainsi qu’au potager comme dans l’assiette les légumes racines (pomme de terre, carottes, navets…), le choux, les champignons et les baies se sont imposés. Les céréales comme le seigle, le blé, l’orge ou le millet sont, elles, autant appréciées pour la fabrication du pain que pour celle de la vodka. Viande, gibier ou volaille principalement, et poissons fumés complètent le tableau de cette cuisine de babouchka hautement réconfortante.

 

A la table du petit-déjeuner

assiette de kacha avec un café
La fameuse kacha Photo via FlickR ©Alexey Ivanov

 

Si le nord de l’Europe a son porridge, que le Sénégal a son lakh, la Russie, elle, entame sa journée avec un bon bol de kasha, une bouillie de céréales (sarrasin, avoine, blé ou millet) et de lait. C’est un plat historique dans la culture slave, une sorte d’ancêtre du pain, un repas qui a permis de nourrir des générations de Russes malgré les famines et les guerres qui ont abîmé le pays pendant des siècles. L’attachement du peuple à ce plat –  si peu attrayant soit-il – est tel qu’il a donné ce dicton : « la bouillie de sarrasin est notre mère, le pain de seigle est notre père ».

Toujours pas convaincu ? Pas de panique, vous avez de bonnes chances de vous voir proposer un plan B, qu’il s’agisse de tartines nappées de tvorog (fromage), de salami, de poisson fumé, d’oeuf dur ou de sirniki, sorte de beignets de fromage blanc servi avec de la confiture ou du miel. Au rayon crêpe on retrouve les oladi, à mi-chemin entre le pancake et le crumpet ou les blinis, dans une version bien plus moelleuse et fine que celle proposée au rayon frais de nos supermarchés. Encore une fois, on ne se prive pas et on arrose généreusement le tout de miel pour bien commencer la journée !

 

A boire

machine à thé
En Russie, c’est toujours l’heure du thé. Photo via Flickr ©dima barsky

 

Au risque de vous décevoir, dans les mugs des Russes respectables, point de vodka au petit-déjeuner, mais du thé. Du thé noir plus précisément. Un héritage de la promiscuité de la Russie avec la Chine qui s’est imposé depuis des siècles sur toutes les tables du pays, le tout servi dans un joli samovar s’il vous plaît. On l’aime bien infusé, sucré et si possible agrémenté d’une rondelle de citron. Nasdrovia !


Pour un avant-goût de la gastronomie russe, rien de tel qu’un petit détour par la Cantine Russe. Ambiance garantie !

La Cantine Russe
26 avenue de New-York, 16e
Métro Iéna
Horaires : 12h-15h puis 19h-00h tous les jours sauf le dimanche