3 webradios qui ont conquis Paris

Le Mellotron, Rinse, PWFM… À Paris, les webradios se multiplient depuis peu mais comptent de plus en plus d’adeptes. En prônant un retour à l’écoute et plus de liberté dans leur programmations, elles répondent aux besoins d’un nouveau public et stimulent notre imaginaire en s’intégrant au quotidien. Et, si toutes semblent faire la part belle aux musiques électroniques, chacune fait valoir son histoire, son identité musicale et son univers artistique.

 

Le Mellotron

 

Bande-son : beats à tendance funk, world, soul… 100% good vibes.

Si l’on parle de webradios parisiennes, le Mellotron est l’incontestable pionnière. Avec sa programmation solaire, des podcasts et son approche bienveillante, elle s’impose à sa création comme un vrai renouveau audiovisuel. “On voulait que les gens se concentrent sur la musique, détourner l’attention qu’on porte sur le nom, sur la gueule, pour pouvoir faire découvrir d’autres artistes aux visiteurs”, explique Anders, l’un des fondateurs.

Pour conserver son indépendance, l’équipe achète un bar pour y poser son studio : “Grâce au bar, on ne dépend d’aucun investisseur. Les recettes financent la radio donc lorsque tu viens boire un verre chez nous, tu apportes un vrai soutien au Mellotron”.

En cinq ans, après plus d’un millier de podcasts, le Mellotron est devenu une institution majeure et son influence ne s’arrête pas à nos frontières : “En invitant des artistes étrangers à performer, on touche un public toujours plus large. Aujourd’hui on est écouté en France, ailleurs en Europe, mais aussi en Afrique et dans le Moyen-Orient, et ça c’est vraiment génial”. Et ce n’est que le début, car Le Mellotron réserve encore bien des surprises, comme le prochain lancement d’une application mobile.

 

 

Rinse France

 

Bande-son : la musique électronique, ses influences et ses divisions.

Au Royaume-Uni, Rinse FM diffuse ses vibrations depuis plus de 20 ans. Considérée comme l’une des institutions les plus anciennes et sérieuses des scènes électroniques, elle balance en continu des pépites issues de tous les courants : du garage à la techno, de la grime au nu-jazz.

En 2014, une impulsion de Manaré et de Laurent Bassols importe les ondes de Rinse à Paris.“On avait pour idée de lancer une webradio dédiée à la musique électronique française. Au même moment, les gars de Rinse pensaient à s’exporter en France. Nos chemins se sont croisés et le projet a émergé rapidement”, explique Laurent.

Basée près de la Bastille, l’équipe de Rinse France perçoit sa mission comme celle d’un appui sérieux pour la scène locale : “On travaille main dans la main avec les labels et collectifs pour leur offrir des espaces de diffusion intéressants et garantir la variété de notre programmation”. Par ce procédé, la radio apporte une force considérable à l’écosystème local, lui permet de s’organiser pour mieux s’exporter et réunit les amateurs les plus passionnés de musiques électroniques.

 

PWFM

 

webradios
(c) Jacob Khrist

 

Bande-son : l’ambiance des hangars et des clubs directement dans ton salon

Cadette de cette sélection, la webradio PWFM est presque née sur un malentendu. Marion Delpech – co-fondatrice – le raconte ainsi : “On a commencé par créer un groupe Facebook pour réunir la communauté techno parisienne. Le succès a été tel qu’on a voulu en faire un projet plus sérieux”. En quelques mois, la bande d’amis s’organise et met au point un projet de webradio dotée d’une mission particulière.

“Dès le départ, l’idée était de se concentrer sur la scène locale, sur de jeunes artistes qui galèrent à faire tourner leurs morceaux. Nos ondes sont un espace de diffusion qui leur est entièrement dédié”, explique Marion. Plus qu’un média, PWFM veut être au plus proche des jeunes artistes et répondre à leurs besoins. Des partenariats judicieux leur permettent aujourd’hui d’organiser des tremplins intéressants pour leurs protégés et de participer activement au développement des niches électroniques.

En ce fait, PWFM détourne la radio de sa fonction médiatique pour en faire un véritable outil promotionnel. Parmi leurs plus belles réussites, on compte l’envoi d’un jeune parisien au festival MOGA (Maroc) et l’impression de plusieurs compilations sur vinyle.