Adrien La Marca

Les Victoires de la Musique avaient vu juste en désignant Adrien La Marca « Révélation Soliste instrumental » en 2014. Depuis, l’altiste français (né en 1989) a parcouru un joli bout de chemin et apparaît de plus en plus souvent en concert.

Son art du chant, sa sonorité ample et riche l’autorisent à dialoguer en concerto avec de grandes phalanges, mais l’ancien élève de Jean Sulem, Tabea Zimmermann et Nobuko Imai manifeste aussi une passion pour la musique de chambre. Et une curiosité qui le pousse à défendre des pans parfois méconnus du répertoire de son instrument : ainsi, c’est autour de la Sonate pour alto et piano (1919) de l’Anglaise Rebecca Clarke (1886-1979) qu’il a conçu le programme de son premier disque, intitulé « English Delight », paru il y a peu (chez La Dolce Volta). Rareté et vrai chef-d’œuvre du début du XXe siècle, le vibrant ouvrage de Clarke est au programme du récital que La Marca donne cette semaine, avec la complicité du merveilleux Thomas Hoppe au piano. On y entendra aussi la fameuse Sonate « Arpeggione » de Schubert, qui « fonctionne » aussi bien à l’alto qu’au violoncelle, les Märchenbilder de Schumann et des pièces de Bridge et Purcell. Entre Angleterre et monde germanique, tout le lyrisme et la sensiblité d’Adrien La Marca promettent de s’épanouir. Rendez-vous avec un pur poète de l’archet mercredi à Gaveau.