Afropunk

Événement phare de la vie culturelle new-yorkaise depuis le début des années 2000, le prestigieux festival Afropunk revient pour la troisième année consécutive à Paris et investit pour l’occasion la Grande Halle de La Villette. En prévision, un week-end de fête, de musique et d’échanges autour de la psyché et des créations afro.

Proposer, écouter, voir et découvrir une autre facette de la création afro (celle qui se tient à l’écart des codes du merchandising de la musique sur internet et du business à l’ancienne des majors). Réfléchir sur l’influence des cultures et identités afro sur la culture mondiale, le tout dans un esprit de créativité, d’ouverture à l’autre et de débrouillardise punk… Le mouvement né à Brooklyn en 2000 autour du film documentaire Afro-Punk de James Spooner est devenu aujourd’hui un vrai courant d’avant-garde – artistique, musical, intellectuel. Avec son prestigieux festival, c’est toute une plateforme collaborative, un media D.I.Y. global, qui met en lumière une vision neuve et alternative de l’art et de l’expressivité afro. « J’ai découvert l’AfroPunk Fest en 2006 à Brooklyn, lors d’une des premières éditions, nous raconte Marco Prince de FFF, l’un des groupes à l’affiche de l’alléchant cru 2017 à Paris. J’ai flippé sur cette nouvelle génération d’enfants noirs nourris à la culture punk-rock. Se sentir enfin moins seuls… Avec FFF, nous avons toujours été afropunk ; cela s’entend sur notre premier album. Nous cherchions tous à incorporer ce que nous étions, notre culture et nos goûts musicaux… On était déjà tous à fond sur l’afrobeat de Fela Kuti ou la juju music de King Sunny Adé.» 

Chose remarquable, le geste et la parole afropunk se sont trouvé un écho grandissant dans le monde (le festival s’est exporté l’année dernière à Londres et à Johannesburg) et à Paris, où après deux premières éditions sold out au Trianon (avec Morcheeba, Saul Williams, Angel Haze…) le festival réaffirme une vraie dose de punk attitude dans son ADN musical.

Cette année, le line-up fait particulièrement envie : Yasiin Bey, Robert Glasper Experiment, Sir The Baptist, Faada Freddy, Laura Mvula, Petite Noir, Ho99o9, Baloji, Fantastic Negrito, Kiah Victoria, le retour de Disiz La Peste, FFF, Macy Gray et le duo Tshegue (voir encadré) ont répondu présent à l’appel des organisateurs. Une volonté pour le festival (qui vient de signer un partenariat avec le géant LiveNation) de mobiliser une scène artistique locale et internationale toujours plus vivante et vivace, futuriste et nourrie aux traditions, singulière mais collectivement addictive. « L’Afrique et sa création artistique et musicale proposent une curiosité nouvelle, qui s’exprime avec conscience et légèreté. Cela fait sûrement d’autant plus de bien que nous vivons pour beaucoup une période morose et lourde. Cela se répercute dans notre quotidien : on bouffe de l’afro à toutes les sauces – mode, expos dans de prestigieuses fondations, food…», ajoute le chanteur de FFF. 

Se plaçant au cœur de cette “Renaissance” de la psyché artistique et culturelle afro, le festival Afropunk étend cette année sa réflexion à d’autres expressions de cette « nouvelle essence noire qui s’enracine dans la diversité du monde », dixit Kendrick Lamar, héros de cette fierté positive afro-américaine retrouvée. Dès le 10 juillet, sur le site du festival qui s’installe pour la première fois dans le parc de la Villette, projections de films, documentaires, spectacles de stand-up et marché de créateurs viendront enrichir la programmation, apportant une note inspirante et rebelle de cette fascinante contre-culture, black et punk, qui s’invente sous nos yeux. 
 

Samedi 15 et dimanche 16 juillet à La Villette, 19e, M° Porte de Pantin. Tarif : 70 € le pass 2 jours. Infos, réservations et horaires sur www.afropunkfest.com/paris