Agnes Obel, le casse du siècle au Casino de Paris

Agnes revient à Paris pour un concert au Casino de Paris le 22 novembre

Quand elle se rend à Paris, Agnes Obel descend à l’Hôtel Alba Opera. Elle remarque la plaque à l’entrée, rappelant que Louis Armstrong y a séjourné, en 1931 et 1932. Cette référence l’amuse. « Mon grand-père adorait ce grand musicien dont il collectionnait les photos. Il était avocat, fan de jazz, jouait du piano…» C’est en 2010 que nous avons découvert cette talentueuse pianiste et chanteuse danoise, avec une chanson très poétique, « Riverside ». Son album Philharmonics annonçait de belles promesses que vinrent confirmer le suivant,  Aventine (2013). Chacun s’écoula à près de 200.000 exemplaires, plaçant la jeune artiste en tête de la nouvelle vague. Née en 1980 dans un village près de Copenhague, elle a vécu une enfance heureuse, sous les mânes d’une mère pianiste. « Je crois bien n’avoir jamais été effrayée. Vers 11 ans, j’ai pris conscience du monde, plus que n’importe quel enfant de mon âge. Sans aller au Conservatoire, j’ai commencé à jouer très tôt, à l’école ou dans les festivals pour enfants. Je jouais un peu de tout, du jazz, venu de mon père, et du classique grâce à ma mère, pianiste elle-même. J’apprenais un peu tout en regardant MTV.» Le Danemark lui semble trop étroit, et elle décide, avec son amoureux, d’aller vivre à Berlin, « le plus beau jour de ma vie », dit-elle aujourd’hui. Le quartier est vivant, coloré, idéal pour elle et ses chansons lyriques, et pour lui, concepteur visuel (qui imagine les pochettes de disques de sa bien-aimée). Ils ont transformé leur appartement berlinois en sanctuaire monacal où dans le plus grand silence, Agnes conçoit ses œuvres magiques. Elle y a peaufiné son troisième album, Citizen Of Glass, pur et délicat comme une porcelaine, que ne désavouerait pas le regretté Leonard Cohen. On plonge dans l’ombre fraîche d’une crypte, cette musique de chambre mâtinée de folk, extrêmement douce, ponctuée par un piano lancinant, la résonnance métallique de ce trautonium, un vieil instrument allemand de 1920 qu’elle dit avoir eu le plus grand mal à régler. Inspirée par les lanceurs d’alerte comme Edward Snowden, un livre de la poétesse américaine suicidée Sylvia Plath à portée de main, Agnes Obel parle des secrets, de la transparence, et nous livre encore de belles et mystérieuses histoires.  

Casino de Paris. 22 novembre. 20 h. 42,80 €. 16 rue de Clichy, 9è. M° Liège. Tel : 0892 69 89 26.