Anna Caterina Antonacci et Louis Langrée

C’est la rançon du succès : directeur musical de l’Orchestre Symphonique de Cincinatti, du Mostly Mozart Festival de New York, chef principal de la Camerata Salzburg et invité de prestigieuses phalanges partout dans le monde, Louis Langrée se fait trop rare dans sa France natale.

Ses apparitions n’en ont que plus de prix. On a encore en mémoire le merveilleux programme français qu’il avait donné en février 2014 à l’Opéra Comique avec l’Orchestre des Champs-Elysées, une formation à laquelle l’unissent de profondes affinités. Il la retrouve samedi prochain, au Théâtre des Champs-Elysées, pour des œuvres qui feront les délices des amoureux de musique française de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. Rarement donné, le fervent et lyrique Hymne à la Justice (1903) d’Albéric Magnard ouvre fièrement la soirée, suivi du Poème de l’amour et de la mer (1893) d’Ernest Chausson. Une troublante partition dans laquelle la voix et le sens des mots de la soprano Anna Caterina Antonacci promettent de faire des miracles, sous la direction attentive de Langrée. Et quelle fête de la couleur attend enfin l’auditeur avec La Mer (1905) de Debussy. Ouvrage archi-célèbre ? Certes, mais gageons que le chef et ses musiciens sauront renouveler l’approche de cette géniale et inépuisable composition.