Arcadi Volodos et James Conlon

Unique soirée de l’Orchestre de Paris mercredi dans la Grande Salle de la Philharmonie, d’autant plus précieuse et attendue qu’elle permet de retrouver Arcadi Volodos.

L’artiste est rare en concert comme sur disque mais, tous les mordus de piano le savent, il s’agit là d’un des plus grands interprètes vivants. Que d’évolution dans le parcours de celui qui, né en 1972 à Leningrad, fit de phénoménaux débuts dans des pièces d’une virtuosité ébouriffante ! Il n’a d’ailleurs rien perdu de ses ahurissants moyens techniques, mais son parcours traduit une volonté de les placer toujours plus au seul service du compositeur et de la musique.

Par la concentration et l’exigence qui le portent, un concert d’Arcadi Volodos constitue toujours une expérience inoubliable. C’est au 3eConcerto de Beethoven que l’artiste a choisi de se dédier cette fois ; ouvrage dont il saura mieux que quiconque traduire la singularité entre classicisme et prémices du romantisme. Heureux chef d’orchestre que James Colon qui a pour privilège de nouer le dialogue – à coup sûr vivifiant ! – avec un soliste de cette trempe…
On résiste d’autant moins à la proposition que le maestro américain ouvre le programme avec l’ouverture d’Obéron de Carl Maria von Weber, véritable conte de fées en musique, et le referme par la Suite tirée de l’opéra Lady Macbeth de Msensk de Dimitri Chostakovitch où resplendissent le sens dramatique et l’invention orchestrale du Russe.