Arman Méliès

Le renouvellement permanent conduit parfois à un retour à la source. A l’heure du cinquième album, le chanteur renoue avec le son rock et une expression directe qui rappelleraient presque le début des années 2000, quand il officiait au sein du groupe Enola.

Au fil de quatre albums en son nom, il aura dès lors expérimenté différentes textures (des boucles de guitare, des claviers vintage), et fomenté en chaque occasion un rock atmosphérique, de méditatif à tendu. Des fans de Blonde Redhead ont trouvé parfois, chez Arman Méliès, un écho en français à la musique en accords mineurs de leurs idoles américaines. Le présent album, « Vertigone », souffle davantage le chaud, voire le brûlant, ressuscitant même quelques intonations dignes des premiers Noir Désir. Constamment je brûle, dit-il, et il sème au gré des textes « embrase-moi », une dose d’irradiation, « à tes pieds je me brûle » et enfin un volcan. L’auteur de Mon plus bel incendie (2013) a de la suite dans les idées (incandescentes). Une écriture singulière remarquée par deux autres chanteurs exigeants et à fleur de peau, Bashung et Théfaine, avec lesquels il a collaboré dès 2008. En attendant un éventuel nouveau virage, Arman Méliès fait littéralement corps avec ses chansons : « Elles ne sont pas des créations abstraites, elles me semblent beaucoup plus intimes, internes. Pour la première fois, je ressens une sensation de fierté, alors que je ne suis pas coutumier du fait. J’ai une envie folle de les jouer sur scène, de les faire vivre ». C’est l’heure.