ARTE Concert Festival 2018 : le programme des réjouissances

Jamais deux sans trois ! L’Arte Concert Festival repointe le bout de son nez du jeudi 19 au samedi 21 avril 2018 après avoir déjà animé La Gaîté Lyrique en 2016 et 2017. Une bonne occasion pour le public d’ouvrir son esprit avec une programmation toute sauf sclérosée mêlant jeunes pousses et grosses pointures. Avant le début des festivités, A Nous Paris se la joue madame Irma et imagine ce à quoi ressembleront les trois soirées de cette nouvelle édition.

 

ARTE Concert Festival – Général Design / Théo Mercier

Le jeudi soir, un crush nommé Natalie Prass

Dans son film High Fidelity, le réalisateur Stephen Frears parvenait à faire instantanément tomber amoureux les personnages de la chanteuse Marie De Salle (incarnée par Lisa Bonet) lors d’un concert intimiste. Ce samedi, la Gaîté entière a vécu un remake de cette scène mythique grâce à l’américaine Natalie Prass, artiste qui porte aussi bien en elle la tendresse des premiers morceaux de Feist que les doux souvenirs d’une Diana Ross période The Supremes. Bien qu’également irrésistibles, la science pop de Mikhael Paskalev (et son nouveau projet Hollywood) et le psychédélisme de Primal Scream ne parviendront pas à retirer du visage du public ce sourire béat, caractéristique du coup de foudre.

Le vendredi soir, de jolies notes d’espoir

À notre gauche, un couple se formait, timidement. À notre droite, un autre se réconciliait, tête contre tête, les yeux fermés. Un peu partout autour de nous, des larmes parcouraient silencieusement les joues des spectateurs pour s’effacer sur des mouchoirs de fortune et un bout de manche bienvenu. Cette soirée du vendredi avait définitivement quelque chose de thérapeutique. Dédiée au piano, instrument sentimental par excellence, elle a vu se succéder l’irlandais I Have A Tribe, le canadien Jean-Michel Blais et la française Juliette Armanet pour le plus grand plaisir d’un auditoire conquis et à fleur de peau. Il n’y avait pas que de la musique dans la salle ce soir-là : il y avait surtout une émotion brute qui ne demandait qu’à sortir.

Le samedi soir, deux à trois kilos en moins

Il fallait bien terminer ce festival sur un registre autrement plus rentre-dedans, histoire de faire travailler nos guibolles autant que notre palpitant. En choisissant de mettre en avant quatre fleurons de la scène électronique UK, en l’occurrence Actress (toujours aussi bluffant en live), Nathan Fake, Rival Consoles (une prestation hypnotique et troublante) et DJ Moxie (en b2B avec la parisienne Louise Chen, parfaites pour conclure la soirée), les programmateurs avaient sciemment décidé d’épuiser la foule. Mention spéciale au DJ set nerveux du duo allemand Modeselektor qui rappellera aux noctambules d’hier la géniale soirée We Love de 2007. Notre t-shirt gorgé de sueur, notre pass Navigo paumé dans le courant de la soirée et notre paquet de clopes ratiné dans la poche arrière du jean peuvent d’ailleurs l’attester : nous n’avons pas été déçus.