Arthur Ely raconte son Paris idéal

« Un concentré de musiques actuelles entrainantes porté par un charisme hors norme et un physique glorieux ». La description mordante qui accompagne l’annonce des concerts d’Arthur Ely est fidèle à sa musique : porté par une vague d’ego trip gonflée d’auto-dérision, son rap-chanté mâtiné d’électro tape fort et juste. Un mélange des genres qui détonne dans son tout premier titre sobrement intitulé « Le dernier homme », et son clip  décalé où un dandy désabusé passe des bras de muses neurasthéniques aux sièges d’une vieille 205. Tout un poème qui annonce la parution prochaine (fin octobre) de son premier EP « EP Standard ». En attendant de retrouver Arthur Ely le 21 septembre pour les 10 ans de FGO-Barbara, en compagnie de la rappeuse Oré, on lui a posé quelques questions sur Paris.

 

A quoi ressemble un week-end type parisien chez toi ?

L'été du canal
Photo ©Viet LE HOANG, www.leviet.org

 

Je m’enferme faire du son le samedi, je reprends conscience du monde extérieur quand mes collocs s’apprêtent à sortir. Je les suis aveuglément. Cet été, ça s’est beaucoup passé au festival « L’été du Canal »  au parc de la Bergère. Je rentre très tard, je re-bosse sur mon son de la veille et m’endors devant mon ordi. Le dimanche, je lis toute la journée jusqu’au soir où on bouffe tous ensemble. Je refais du son avec quelques-uns de mes collocs dans le studio, on discute un peu. Je me dis que ça fait du bien une soirée calme et que je vais pouvoir me coucher tôt puis je me rends compte qu’il est 4h du mat.

 

Ton ou tes bars préférés ?

Chez Arsène dans le 18ème. Les meilleurs rhums de Paname et un grand tenancier.

Bar – restaurant antillais « Chez Arsène »
12 rue DoudeauvilleParis 18e
Lundi – Samedi de 12h à 2h

Retrouvez notre sélection des meilleurs bars à rhum

 

Ton petit secret / adresse confidentielle ?

Une boutique de petit-déjeuner tunisien gérée par deux armoires à glace qui pressent des fruits pour faire des smoothies toute la journée vers Aubervilliers-Pantin-Quatre-Chemins.

 

Ton ou tes restos préférés ?

arthur ely
©Le Bistrot des Dames – Facebook

 

Un kebab sans nom (juste une enseigne « Snack Tacos ») à Ourcq avenue Jean Jaurès avec un super gazon synthétique sur la terrasse. Sinon le Bistrot des Dames vers la place de Clichy.

Le Bistrot des Dames
Lundi – Dimanche de 7h à minuit
18 rue des Dames, 17e

 

Ton quartier préféré ?

La Halle Papin © SOUKMACHINES
La Halle Papin © SOUKMACHINES

 

Chez moi, soit la frontière Pantin/Aubervilliers derrière la Villette.

 

Ton ou tes musées préférés ?

Le musée d’Orsay où je passe beaucoup de temps en semaine et où les expositions temporaires sont excellentes. Le Louvre en semaine dans les allées désertes. J’aime les galeries française et flamande dont tout le monde se fout et la peinture italienne Trecento. La récente galerie des arts islamiques aussi. Le très étrange Musée de la Chasse et de la Nature que je conseille vivement à toute personne en panne d’inspi.

 

Ce que tu préfères à Paris ?

Aubervilliers
©Julien CC BY-NC-ND 2.0 Flickr

 

Pantin/Aubervilliers. La folie et la vitalité qui règnent encore là-bas disparaissent partout ailleurs dans Paris je crois. C’est la concentration de tout un tas de gens et d’activités différentes sur un petit territoire.

Cinq bonnes raisons d’aller vadrouiller à Aubervilliers.

 

S’il y avait une chose à changer dans cette ville ce serait laquelle ?

La normalisation des quartiers qui deviennent tous des clones et les prix.

 

C’est comment d’être artiste / musicien dans la capitale ?

Paris te botte le cul pour réussir et être « génial » sinon elle te laisse sur le côté. Pour le moment je me sens bien motivé par cette pression naturelle de la ville. Beaucoup de créateurs en France ont un passage quasi-obligé à Paris d’où cette atmosphère très stimulante et asphyxiante à la fois. Tout le monde se connait. Le risque est de rester bloqué dans cette sorte de gros vernissage géant et de ne plus prendre le temps d’être seul.

 

Ton ou tes artistes parisiens préférés ?

Flavien Berger : j’étais pas sûr qu’il soit parisien mais je viens de checker Wikipédia et c’est bon. Il a l’équilibre des mots et des sons et il glisse très facilement. Je lui voue un culte secret. Si on compte le 93 et on doit le compter, je cite aussi Vald et Sofiane, deux apôtres de la violence nécessaire à la vie.

 

Ton ou tes disquaires préférés ?

arthur ely
© Balades Sonores

 

Je vais plus du tout chez le disquaire mais ce serait les Balades Sonores au métro Anvers chez qui je suis beaucoup allé et qui fait l’effort d’avoir une belle programmation de showcases tous les jeudis.

Balades Sonores
1-3 avenue Trudaine, Paris 9e

Lundi – Samedi de 12h à 20h

 

Ton ou tes festivals de prédilection ?

Aftermovie — Bateau Music Festival 2017

bit.ly/BMF17aftermovie☀️🌳🎈

Publiée par Le Bateau sur Mardi 24 octobre 2017

Comme j’en ai parlé avant, le festival « L’été du Canal » au Parc de la Bergère où il y avait des events chaque week-end organisé par différents collectifs. Sinon mon gros coup de cœur de l’été est le Bateau Music Festival dans les Yvelines où j’ai joué et passé 24h de folie.

 

Plutôt hiver, automne, printemps ou été à Paris ?

J’aime bien les jours très froids d’hiver et ceux très chauds d’été. Dans les deux cas, les rues sont désertes et ça me laisse de la place pour penser tranquillement.

 

Quelle a été ta dernière découverte ?

Eurocostume, une agence de location de costume avec un hangar gigantesque à Pantin. 4 000 m2 de fringues avec des allées de 100 m juste pour le 14ème siècle et une team super.

 

Ton meilleur souvenir de concert à Paris ?

Un des plus mythiques est probablement Flatbush Zombies au Trianon. Les vieilles planches du théâtre se sont littéralement transformées en trampoline. Tu ne pouvais pas rester sur place car les planches faisaient des jumps de 20 cm. Sinon, Hiatus Kayote à Jazz à la Villette quand je venais d’arriver à Paris. J’ai mis un an à comprendre ce qu’il s’était passé.

 

Ta soirée parisienne la plus épique ?

Une soirée somme toute très calme alors que je venais d’arriver à Paris. La soirée s’est déroulée chez un travesti au dernier étage d’une grande tour. C’est parti en « action ou vérité » douteux dont je vous passe les détails et pendant lequel j’ai commencé à jouer de la guitare pour esquiver un peu le délire. L’after s’est terminée brusquement à Saint-Ouen. Le débat philosophique a pris fin lorsque notre hôte (aujourd’hui un pote) a décidé de planter un katana dans la table pour nous témoigner son agacement.