Baden Baden

À moins d’aimer les cures thermales, la petite ville allemande de Baden Baden n’est pas la plus engageante qui soit. Mais il faut reconnaître que ce nom, qui rebondit tout seul, sonne bien. Et les trois Parisiens qui forment le groupe Baden Baden s’y connaissent en choses qui sonnent bien…

Sur un joli entrelacement de guitares pop, ils font sonner l’anglais et le français, pareillement. Pour s’en convaincre, prêter une oreille aux épisodes précédents : Anyone, la chanson céleste qui les a révélés en 2010 ; Coline, un premier LP bilingue et très smart en 2012. Après une pause, Baden Baden est revenu en février dernier avec l’album Mille éclairs, interprété cette fois-ci en français.

Là encore, les guitares et les mots glissent avec une grande fluidité – J’ai plongé dans le bruit, L’Échappée, Ici, Hivers ou le single À tes côtés. Côté musique, on vogue sur une harmonieuse dream pop, où l’influence Radiohead croise aussi par moment. Côté textes, Éric Javelle oscille entre le doux amer et l’espoir ténu. Mais la note mélancolique est chantée avec force, comme chez les Québécois de Monogrenade, avec lesquels Baden Baden semble partager davantage qu’un état d’âme. Cette voix, claire et nette, évoque souvent Florent Marchet. On aime aussi les chœurs rêveurs, qui seraient une idée du sorcier anglais Barny Barnicott (Arctic Monkeys, Franz Ferdinand, Cloud Control, etc) qui a mixé le tout.

En présence d’un tel groupe, on serait tenté d’invoquer une fois encore le renouveau d’une scène pop française, qui épate la galerie à chaque nouvelle sortie… On peut aussi souhaiter que, toutes nationalités comprises, Baden Baden figure haut dans les best of de l’année.