Baptiste W. Hamon à la Menuiserie

À sa passion dévorante pour l’Amérique folk, le chanteur français trentenaire ajoute semble-t-il un penchant pour les chemises à carreaux couleurs locales. Pas surprenant. Sa casquette sur laquelle il est écrit « Chablis » marque, elle, une forme d’attachement à la Bourgogne. Nous voilà donc en présence d’un chanteur et compositeur hybride.

Baptiste W. Hamon n’a jamais caché que sa vocation musicale est née en écoutant à haute dose les disques de Bob Dylan, de Leonard Cohen ou de Townes Van Zandt. Le jeu de guitare et le son de ses premiers enregistrements en ont conservé la manière. Après quelques EP remarqués, Baptiste W. Hamon sort un premier long, début 2016 : « L’Insouciance ». Celui-ci reprend quelques titres qui ont fait la bonne réputation du jeune homme lettré dont : Joséphine, Peut-être que nous serions heureux, Ballade d’Alan Seeger ou encore l’hommage non dissimulé intitulé Van Zandt. Pour que le rêve soit complet, Baptiste W. Hamon a enregistré aux États-Unis à Nashville, avec Mark Nevers à qui l’on doit le son chaleureux de Vic Chesnutt, Lambchop, Andrew Bird ou Will Oldham. Cerise sur le gâteau, ce dernier chante en français sur le titre intense Comme la vie est belle. Sur « L’Insouciance », il arrive en effet que la vie soit belle, que le bonheur jaillisse d’une rencontre. Pour autant, Baptiste chante aussi bien l’enfance et l’adolescence perdues, le temps qui file. L’originalité de la démarche réside ainsi dans la jonction entre un background americana et quelques monuments d’ici, Brel, Barbara, Moustaki ou Reggiani, en guise d’influences plus récentes. Le tout est porté par une voix forte, parfois rude, qui a le don d’attraper l’attention. On suit._T.S.
   
Le 8 janvier à La Menuiserie, 77, rue Jules Auffret à Pantin (93). M° Mairie-des-Lilas. Entrée : 8 €.