Berlioz aux Invalides

Plus que jamais, l’Empereur est à l’honneur aux Invalides avec l’exposition « Napoléon à Sainte-Hélène, la conquête de la mémoire » (jusqu’au 24 juillet), un événement qui a conduit le musée de l’Armée à placer sa saison sous le signe de la grandeur et de la démesure.

Hector Berlioz s’y taille une place de choix et le concert de cette semaine offre l’occasion d’entendre une partition aussi rare que saisissante, « grande de la première à la dernière note », disait Richard Wagner : la Symphonie funèbre et triomphale. La production orchestrale du compositeur français ne se réduit pas à la Symphonie fantastique, géniale certes, mais archi-rebattue, et l’on est heureux de découvrir en concert un ouvrage que Berlioz écrivit en 1840 pour accompagner l’inauguration de la Colonne de juillet de la Bastille, érigée en mémoire des victimes de la Révolution de 1830 – les « Trois Glorieuses ». On fait toute confiance à la baguette de François Boulanger et à l’Orchestre de la Garde Républicaine pour libérer le souffle et l’héroïsme de la partition (donnée dans sa version primitive pour orchestre d’harmonie). Souffle et héroïsme valent pour l’ensemble d’un programme qui comprend par ailleurs la Marche héroïque op. 34 de Saint-Saëns, mais aussi la Pièce de concert n° 2 de Brandt et la virtuose Fantaisie sur le Carnaval de Venise d’Arban, deux compositions dont la trompette de l’époustouflant Romain Leleu fera ses délices.