Bertrand Belin au Trianon

La manière dont Bertrand Belin joue de la guitare n’a jamais été banale. Au fil de cinq albums, on a perçu un léger swing, du folk cajun par petites touches, des arpèges virtuoses, voire quelques riffs boogie. En bref, le « maître-guitariste » – un surnom qui fait son chemin – a toujours cherché au-delà du tout-venant folk de la chanson française.

Voilà qu’avec le disque Cap Waller, Bertrand Belin approche son idéal musical : associer une musique qui pulse avec le format chanson et un propos. D’où une basse et une batterie, très présente, qui chaloupent dans les séquences dites « folk-funk ». « J’ai écrit ces chansons pour mettre le corps en route », dit-il pour présenter l’album.

Ce que la scène devrait confirmer. Pour autant, passé le groove léger de « Que tu dis » et de « Folle folle folle », l’accélération démente de « Je Parle en fou », Cap Waller a aussi ses contrées de paisibles à mélancoliques. Des moments où l’on prête plus grande attention aux textes, autre singularité du chanteur-compositeur. Combien de fois lui a-t-on déjà dit que l’on ne comprenait pas bien le sens de ses chansons ? Ce à quoi il nous répondait il y a quelques mois : « En apparence, je ne cherche pas la clarté du message, un sens immédiat. C’est ce qui fait que des gens aiment mes chansons et d’autres pas. »

En somme, une langue poétique à prendre ou à laisser. Quoique Cap Waller soit peuplé de personnages et de situations pas si floues que ça. Par fragments, on entend que Bertrand Belin parle, à sa façon, du monde alentour. Rempli de gens seuls, de rupture, d’individus en marge et de quelques soldats. Tout en nous suggérant que, puisque le monde est fou, la danse serait un bon moyen de sympathiser…

Françoiz Breut devrait, elle, profiter de cette première partie pour jouer notamment les nouvelles chansons qu’elle a écrites en compagnie d’Adrian Utley de Portishead.