Black Magic Woman

En un EP, Survivor, radical et envoûtant, le duo Tshegue nous conte l’Afrique et ses fantasmes, sa beauté et sa modernité comme jamais auparavant. Et pour sa chanteuse Faty, sa musique est à l’image de cette “philosophie” afropunk aventureuse et confiante en l’avenir.

Comment vous êtes-vous retrouvés à participer à cette aventure Afropunk ?

C’est d’abord le plaisir de jouer qui nous a motivés, mais nous sommes très heureux de participer à une aventure de cette dimension. Qui réhabilite le métissage sans stéréotypes… Tshegue aussi est une histoire de métissage de cultures, avec un horizon large. Nous voulons respecter l’héritage de nos racines tout en restant ouverts à ce que l’avenir nous apportera de neuf, de moderne.

Quand on écoute Survivor, votre premier EP paru début juin, on a l’impression que Tshegue, dans son essence vitale, est une représentation plus brute et de cette Afrique moderne que tout le monde fantasme…

L’Afrique a toujours été selon moi une terre d’accueil pour tous ceux et celles qui veulent exprimer leur liberté. Mais il ne faut pas se contenter de prendre – des idées, des sons -, il faut aussi échanger, partager. Au sein de Tshegue, une énergie essentielle nous anime : casser les codes, profiter des saveurs que ce monde offre. Survivor, c’est aussi une histoire de notre temps ; celle qui dit « après la pluie, le beau temps ».

Entre rythmes africains et guitares punk, percussions caribéennes et boucles électro, Survivor dessine une cartographie sonore qui s’affranchit des frontières. La marque d’un parcours personnel qui ressemble à une perpétuelle exploration du monde et de soi ?

Dakou (producteur et musicien, ndlr) et moi avions déjà, séparément, quelques collaborations à notre palmarès. Des expériences et des rencontres qui ont laissé des traces et balisé certains chemins que nous avons pris. J’avais un groupe de punk garage appelé Jaguar. Ensuite beaucoup de rencontres amicales artistiques – dont Bertrand Burgalat et Natacha Lejeune du groupe AS Dragon – qui m’ont poussée à peaufiner ma passion… Mais comme Dakou, je n’ai jamais eu de limites dans la musique. Et avec Tshegue, c’est vrai que le voyage et la quête d’impossible semblent infinis…
 

Tu chantes en plusieurs langues (Lingala, français, anglais). Tshegue incarne-t-il une certaine part d’universel ?

Je crois qu’effectivement, c’est dans la continuité de notre démarche – même si au départ elle est totalement inconsciente. Le langage est d’abord une énergie ! Je crois surtout qu’au-delà du langage, la musique de Tsgehue se rêve être une langue commune, un trait d’union, un legs qui parle à et pour tout le monde. J’invente des mots souvent, je malaxe et recrache les accents, pour faire place nette à l’imagination de chacun. 

EP Survivor (Ekler’o’chok) disponible sur internet. En concert à l’Afropunk Festival le 15 juillet.