Caribou à l’Olympia

Devant l’évolution de la trajectoire musicale de Daniel Snaith depuis 2001, il serait tentant d’établir un parallèle avec la migration annuelle du caribou. Mais l’on imagine que son nom de scène est davantage un clin d’œil à son pays d’origine, le Canada.

Pour autant, en 2010, Caribou a quelque peu pris ses fans par surprise. Après plusieurs disques d’electronica bon teint, Daniel Snaith se branche sur la musique de club – de la techno minimale à deep house – et trouve un malin plaisir à faire danser les foules (le dix-titres Swim). Un public qui, depuis l’album Andorra (2007), se presse de plus en plus nombreux à chacune de ses prestations en public. Caribou à la cote. Notamment chez l’influent Pitchfork, qui à chaque nouveau disque le gratifie de la mention très enviée de « best new music ».

Que s’est-il passé entre le quasi-anonymat de son premier projet, Manitoba, et le succès de Caribou ? L’ex-étudiant en mathématiques (titulaire d’un doctorat) a travaillé la musique comme un damné. Mais ce n’est pas tout : il s’est ouvert à autrui. L’amour et l’empathie sont la clé pour entrer dans son dernier disque en date. Le bien nommé Our Love (2014), chanté d’une voix douce et jalonné de titres évocateurs, de passionnés à exaltés, comme Can’t Do Without You (« Je ne peux le faire sans toi ») ; Our Love (« Notre amour ») ; Your Love Will Set You Free (« Ton amour te libérera »).

Daniel Snaith a trouvé l’amour, puis a connu la paternité. Ce qui ne l’empêche pas, une nouvelle fois, d’envoyer son électro en boîte, sur un dancefloor futuriste. Caribou avait la science des sons ; il est désormais un sorcier des rythmes. Et il les commande avec une précision de géomètre. L’un des intérêts de la tournée du moment, outre le spectaculaire show visuel qui accompagne le set de Caribou, est de voir comment quatre musiciens en chair et en os (quel batteur !) s’approprient une musique que l’on croyait le fruit complexe de la technologie. Mais non : c’est bel et bien le cœur de Daniel Snaith qui bat !