Ce qu’il fallait retenir des Transmusicales

Loin de l’hommage à notre Johnny national, c’est de la fameuse « sono mondiale » dont les Transmusicales se sont une fois encore avec brio fait l’écho. Une magnifique 39e édition haute en couleur et riche en concerts coups de cœur.

Altın Gün

Après avoir découvert la scène psyché anatolienne des 60’s et 70’s lors d’un passage à Istanbul avec Jacco Gardner, le bassiste hollandais Jasper Verhulst a décidé de la faire revivre, en y apportant un twist de modernité. Pour cela, il s’est  entouré de musiciens turcs, la chanteuse Merve Dasdemir et le joueur de saz (luth traditionnel) Erdinc Yildiz Ecevit. Le groupe folk-rock-psyché dont le nom signifie « âge d’or » a mis le feu aux Trans et tout le monde d’accord.

Altın Gün sera en concert à la Maroquinerie le 11 février 2018 pour les Nuits de l’alligator (Infos & Billets).

 

Too Many T’s

 

Si les deux Londoniens au flow-mitraillette n’ont pas à rougir de se revendiquer (voire d’être d’ores et déjà célébrés) comme les dignes héritiers des Beastie Boys, ils peuvent également se vanter d’avoir littéralement mis à terre leur public rennais. Et rien que pour le plaisir de voir Jean-Louis Brossard, Directeur Artistique historique des Transmusicales, se dodeliner sourire aux lèvres en régie, il fallait de toute évidence assister à ce concert de folie.

Too Many T’s sera en concert le 30 décembre prochain à la Bellevilloise à Paris (Infos & Billets).

 

Sweedish Death Candy

 

 

Le psyché (dans sa branche garage-rock cette fois) aura décidément fait recette cette année. En effet, les très cool (et pas seulement à cause de leur nom perché) Swedish Death Candy ont, malgré un horaire de programmation qui aurait mérité d’être un peu reculé, démontré qu’un croisement entre Black Sabbath et Thee Oh Sees était une riche idée. Une solide réputation de bêtes de scène les précédait, on atteste qu’ils l’ont confirmée.

 

Tshegue

 

Même en arrivant tôt, le hall 8 pris d’assaut fut difficile d’accès. Nos pieds écrasés furent cependant vite oubliés en même temps que nos efforts récompensés, et ce dès les premières minutes du concert de Tshegue. Depuis la sortie de l’EP Survivor, le duo formé par la chanteuse Faty Sy Sava et le percussionniste Nicolas « Dakou » Dacunha est la nouvelle incarnation du métissage musical porté par le mouvement Afropunk et le Festival du même nom, où ils ont d’ailleurs joué cet été. Entre blues, punk, hip-hop, rumba congolaise et électro, l’originalité de leur fusion n’a pas fini de détonner et d’étonner.

 

Mister Milano

 

Les trois Suisses (membres de l’excellent groupe Puts Marie découvert lors de la précédente édition des Trans) ont joué (fort) tout en se jouant des clichés (transalpins donc) dans un Ubu bondé. Mister Milano, personnage de fiction incarné avec charisme et grandiloquence par un Max Usata inspiré, fait revivre la pop (pour ne pas dire la variété) italienne des 80’s à grand renfort de synthés. Entre paroles kitsch et radicalité électro, c’était en réalité très très beau. Vous reprendrez bien un Cinzano?

 

Bonus

 

Parmi les concerts nous ayant marqués, on retiendra également le post-punk brutal de Viagra Boys, le show euphorisant de Kiddy Smile, la noise abrasive de Make-Overs, la transe rythmique d’Oki Duv Ainu band, l’impressionnante maîtrise du beatboxer Saro, les jolies mélodies de Voyou ou encore l’enjaillement jouissif procuré par House Gospel Choir.