Clips : notre sélection d’avril

Chaque mois, retrouvez une sélection des meilleurs clips du moment. Jeunes pousses ou artistes reconnus, du R’n’B au garage, de la chanson française au nu disco… Passage en revue des vidéos les plus marquantes, tous genres confondus !

Why Mud – Atlantide

Le quatuor francilien balade sa french-pop psychédélique le temps d’une partie d’Atlantide, une sorte de jeu de l’oie à l’apparente innocence. Mais sous le regard réprobateur d’Elvis, les drames s’enchaînent au gré des jets de dés. Tels des membres du G20, les joueurs déclenchent des catastrophes en série : réchauffement climatique,  pollution, incendies, inondations, tornades et autres joyeusetés ponctuent ce clip nébuleux, qui parvient avec justesse à mêler drôlerie et désolation.

Bagarre – Kabylifornie

Inspiré de l’histoire de leur batteur, Mustapha, le titre Kabylifornie fait la jonction entre culture du skate et racines kabyles, entre culture du bled et passion de la vie nocturne. Pour illustrer cette ode à l’identité plurielle, les cinq membres du groupe se mettent en scène entre les rues d’Alger et la cité Curial (19e) dans un clip hyper lumineux et dansant.

James Blake – Barefoot In The Park (feat. Rosalía)

La rappeuse star espagnole et le maestro de l’électronica se cherchent tout au long de ce clip poétique, entourés de jeux d’enfants et de crash de voitures. A travers les plans magnétiques de cette déambulation amoureuse obstinée, ce sont tous les tourments qui accompagnent le passage de l’enfance à l’âge adulte qui s’expriment.

Clara Luciani – Nue

Derrière le clip de cette ritournelle entêtante et son décor tout en élégance kitsch, il y a Brice VDH à qui l’on doit l’excellente vidéo de « Tout oublier d’Angèle.  Et dans ce clip en forme de déclaration d’amour, il y a 50 nuances de Clara Luciani, tantôt réceptionniste, tantôt acrobate, toujours ensorcelante, murmurant des mots jolis à l’attention de son acolyte Arthur Teboul (Feu! Chatterton).

Roméo Elvis – Normal

Dans ce clip sorti le 29 mars dernier, ça ne va pas fort pour Roméo Elvis. Cette vidéo, dont les scènes de déchéance alcoolique et de violence semblent sorties d’un mauvais rêve d’Irvine Welsh ou de Brett Eston Ellis, dénonce les affres de la célébrité auxquelles le rappeur doit faire face. Luttant contre ses démons dans un bain d’hémoglobine, on se surprend à espérer qu’il parvienne vraiment à trouver le bouton pause.

Lolo Zouaï – Ride

La rappeuse franco-américaine se la joue déesse du stupre en se mettant en scène dans une vidéo célébrant autant la débauche que les bécanes. Sensuelle et aussi lascive que sa R’n’B, Lolo nous embarque sur sa moto pour une virée trépidante entre sentiers de montagne et amours éphémères. Un clip qui n’est pas sans rappeler celui d’un certain Muddy Monk, amateur de deux roues et de passions abrasives.

Aldous Harding – Fixture Picture 

Tout comme dans son dernier clip, la Néo-Zélandaise n’a pas besoin de s’embarrasser de superflu pour attirer tous les regards. Habillée de nouveau, d’un extravagant costume, cette fois rouge vif, la chanteuse apparaît comme une hallucination colorée dans un paysage étrangement fantomatique. Une mise en scène douce et poétique, qui va à ravir avec ce titre mélancolique, extrait de son prochain album « Designer« .

Angèle – Balance ton quoi

Petit événement en soi, le clip était attendu au tournant : allait-il rendre hommage à toute la combativité féministe du titre « Balance ton quoi » ? Fort de constater que la chanteuse ne prend pas de gants et le résultat est jubilatoire. Après avoir présidé un tribunal utopique visant à juger les affaires de sexisme ordinaire, on la voit assurer dans une académie dédiée un cours sur le consentement. Affligée par le travail qu’il reste à faire, son personnage tente néanmoins d’insuffler un peu de bon sens aux hommes présents, interprétés par Pierre Niney et Antoine Gouy. Peine perdue, comme on le comprend avec la tentative d’intervention de l’actrice Nikita Belluci… Aussi drôle qu’acerbe, le clip illustre avec justesse des réalités malheureusement toujours aussi vivaces, comme le harcèlement, les attouchements et le mépris du consentement.

Basile di Manski – Before the World

Dans ce clip de très belle facture, Basile provoque des avalanches, chevauche des ours polaires et se badigeonne de pétrole. Cette  succession d’images, aussi belles que terribles, sont destinées à dénoncer l’impact de l’être humain sur son environnement. Une leçon d’écologie efficace et marquante, où l’apocalypse côtoie la douceur d’une pop aérienne.

Otis Stacks – Ever Felt

C’est grâce au label Underdog Records que l’on connaît ce duo formé par  le chanteur américain Elias Wallace et le producteur danois Justmike. Pour accompagner cette pépite de soul teintée de R’n’B, une animation en noir et blanc et en mélancolie, avec un petit côté Blacksad en prime. On y suit les aventures d’un panda renfrogné au cœur meurtri, lancé à la poursuite d’un mirage amoureux.