Concert : notre sélection de la semaine

Cette semaine, des légendes, de la pop et de l’opéra pour satisfaire tous les mélomanes !

Little Dragon

Little Dragon était le surnom de la chanteuse du groupe, Yukimi Nagano, quand elle était un enfant-tyran dictant à ses amis ce qu’ils devaient faire. Un “petit dragon” aujourd’hui évidemment apaisé, qui a su canaliser son énergie au sein du projet qu’elle partage avec deux potes du collège, le batteur Erik Bodin et le bassiste Fred Wallin, rejoints au début des années 2000 par Hakan Wirenstrand et sa science des synthés. Parce qu’il aura fallu attendre l’arrivée de ce dernier pour que le groupe prenne toute son ampleur après de longues années d’essai, et revête ainsi ses couleurs électro-soul aux accents r’n’b qu’on lui connaît depuis 2007 (et la parution de son premier album) et qui lui vont si bien, en studio, mais surtout sur scène, où le talent des quatre Suédois se déploie entièrement. Une énergie folle et une capacité à transcender les genres qui leur a valu de nombreuses collaborations de prestige, comme le producteur SBTRKT, le duo suédois Koop, le grand Damon Albarn ou Dave Sitek de TV On The Radio, et que l’on retrouve dans la nouvelle production du groupe, Season High, cinquième album fortement inspiré de la house sud-africaine, celle de quelque Spoek Mathambo, son projet Batuk ou DJ Mujava, très en vogue ces dernières années, et transpirant la fièvre créative des townships.

Samedi 11 novembre, Élysée Montmartre, 72 bd Rochechouart, 18e. Pl.: 32 €.


© Marco van Rijt

Procol Harum

Le 12 mai 1967, un motif d’orgue baroque, inspiré de Jean-Sébastien Bach, faisait tournoyer les danseurs amoureux. La chanson “A Whiter Shade Of Pale” sera le grand succès de cet été-là, et bien au-delà. Elle offrait des références littéraires, tout ce qui sublimait le “swingin’ London” et la pop la plus raffinée venue d’Angleterre, dans le sillage des Beatles. Le monde découvrait un groupe au nom faussement latin, Procol Harum, et un auteur, le pianiste et chanteur Gary Brooker (depuis 2005, à la suite d’une décision judiciaire, il partage les droits de “A Whiter Shade…” avec l’organiste Matthew Fisher). Cette chanson aura dominé le répertoire fastueux d’un orchestre pop qui sema des albums riches, parfois pompeux, A Salty Dog (1968), Grand Hotel (1973), ou le merveilleux Procol’s Ninth (1975). Mais aucune de leurs compositions n’a approché le destin mythique de cette chatoyante ombre blanche dont Procol Harum vient célébrer à Paris le 50e anniversaire. Si la formation initiale a changé, le légendaire Gary Brooker est toujours le concierge de son Grand Hotel et vient de sortir un nouvel album, Novum. Qui a dit que le latin était une langue morte ?

Dimanche 12 novembre à 20 h au Trianon, 80, bd Rochechouart, 18e, M° Anvers. Places : de 40 à 70 €. Tél. : 01 44 92 78 00. 


@Alex Asprey

La Flûte enchantée

Dès sa création à Vienne le 30 septembre 1791, deux mois avant la mort de Mozart, La Flûte enchantée connut un immense succès populaire. Il ne se dément pas, et la féerique partition, où comédie et mystère, drôlerie et émotion se mêlent, compte parmi les titres les plus prisés des scènes lyriques. Pur régal il est vrai pour les metteurs en scène qu’un ouvrage offrant autant de possibilités d’approche ; celle choisie par l’Australien Barrie Kosky et le collectif londonien 1927 remporta un immense succès lors de sa présentation en 2012 à la Komische Oper de Berlin. Avec Kosky, Mozart part au cinéma : les chanteurs sont intégrés à un ingénieux dispositif vidéo qui donne au spectacle les allures d’un film d’animation débordant de fantaisie et de variété. Après des reprises sur de nombreuses scènes, La Flûte selon Kosky arrive enfin à Paris et s’installe pour huit dates à l’Opéra-Comique. Kevin John Edusei dirige l’Orchestre de la Komische Oper de Berlin, avec à ses côtés des chanteurs (Nadja Mchantaf, Andrian Strooper, Christina Poulitsi, etc.) rompus à la mécanique de précision d’une production étonnante. Enfin, toujours à Favart cette semaine, n’oubliez pas le récital de mélodie française du merveilleux baryton Tassis Christoyannis (le 10 à 20h).


© La Flûte enchantée