Concerts : éclectisme sonore ce week-end

Pop sibylline, musique classique ou tribute jazz, voici 3 concerts aussi différents que foncièrement tentant.

Sigur Rós 

On ne va pas se mentir : contempler en live la magie pop sibylline et éthérée de Sigur Rós est un excellent moyen de se préparer au passage automnal.

Ambiances mélancoliques, rêves sonores tiraillés entre mélodies cristallines au clair de lune et guitares enfiévrées soufflant la fin du monde, voix androgyne invoquant la mer déchaînée, le bruit de la pluie et la solitude froide des nuits polaires… Voilà plus de vingt ans que les décors naturalistes de la formation islandaise emmenée par le chanteur et guitariste funambule Jón Pór Birgisson figurent parmi les trésors les plus précieux de la pop music – écouter d’urgence leur magnifique deuxième LP Agætis Byrjun et Kveikur, paru en 2013.

Un trésor qui tire sa beauté aussi bien dans les paysages sauvages et les légendes antiques d’Islande, que dans le souffle épique et étrange qui anime les compositions du quatuor. Car à l’instar d’un jeu de cache-cache psychédélique, on pénètre dans l’univers de Sigur Rós à l’aveugle, guidé par l’intuition que les murmures martelés sur des pianos lointains, les violons plaintifs ou les envolées de guitares baroques sont autant de rites de passage obligés pour accéder à un nouveau monde plein de mystères. Un espace des possibles entre féerie et sortilège, dont le gang de Reykjavik aime à redéfinir les contours sur scène.
Aux frontières de la performance artistique, du théâtre vivant et du happening, les shows de Sigur Rós mettent à nu les émotions les plus vives pour en tirer un scintillant spleen métaphysique. Préparez-vous au changement de saison._

Du 27 au 29 septembre à partir de 19h30
Grand Rex,
1, boulevard Poissonnière, 2e .
Places : 45,50-67,50 €.

 

Trio Soledad

Invité du festival BE Classique! au Centre Wallonie-Bruxelles en avril, le Trio Soledad avait fait forte impression. Les musiciens belges sont de retour à Paris pour fêter les 20 ans d’un ensemble composé de Manu Comté (accordéon et bandonéon), Alexander Gurning (piano) et Jean-Frédéric Molard (violon).

L’envie de jouer la musique de Piazzolla a été à l’origine de Soledad; le début d’une formidable aventure humaine et musicale. Repéré et encouragé par Martha Argerich, le trio a vite été propulsé sur les plus grandes scènes, de Montréal à Tokyo, et ses succès n’ont en rien altéré le plaisir et la contagieuse énergie qui se dégagent de toutes ses apparitions.

En partant du célèbre compositeur argentin, Soledad a élargi son répertoire, en direction du classique en particulier, comme l’illustre l’album Logical (Warner Classics), sorti il y a peu.
Ravel, Prokofiev, Franck ou Debussy y font l’objet d’arrangements irrésistibles de couleur, de sensibilité, de rythme et de profonde intelligence musicale. Ces auteurs figurent au menu du Trio Soledad jeudi, aux côtés de compositions originales de la formation et de pages de Roger Hodgson, Jeff Buckley, sans oublier Piazzolla, évidemment.

Jeudi 28 septembre à 20h30
Studio de l’Ermitage
8, rue de l’Ermitage, 20e
Places : 12-15 €. 

 

Revisiting Grappelli

L’Histoire n’a pas oublié Stéphane Grappelli, qui fut le mythique compagnon de route de Django Reinhardt.

Disparu en 1997, à 90 ans, il a popularisé le violon dans les années 1930 et 1940, ouvrant la porte à toute une génération de princes de l’archet, dont Jean-Luc Ponty et Didier Lockwood.

C’est à l’âge de 12 ans que le futur mythe a reçu son premier violon. Son père espérait calmer ainsi un enfant des plus turbulents. Grappelli mit alors toute sa fougue dans sa musique, sans imaginer que sa rencontre avec le manouche aux doigts d’or provoquerait une étincelle qui brûle encore. Leur duo violon-guitare, d’une poésie envoûtante, donna de nombreux chefs-d’œuvre, de « Minor Swing » à une version de « La Marseillaise » rebaptisée « Echoes of France ».

La dette est donc importante pour ses héritiers. L’un des plus passionnés, Mathias Lévy (né en 1982), qui a d’ailleurs obtenu le Grand Prix Stéphane Grappelli, a décidé de revisiter l’œuvre du maître sur un violon ancien Pierre Hel, un luthier des années 1920 (dont les instruments sont souvent mis aux enchères à près de 20000 euros). Il sera entouré d’une belle équipe, dont le contrebassiste Jean Philippe Viret qui a accompagné Grappelli.

Une soirée anniversaire pour une grande légende du jazz français.

Vendredi 29 septembre à 20h30 
 Philharmonie de Paris
221, avenue Jean-Jaurès, 19e
Places : 25 €.