Curieuse nocturne au musée d’Orsay

À la faveur de ses Curieuses Nocturnes, le musée d’Orsay propose un autre regard sur ses collections, inattendu et décalé. Ce jeudi 23 mars, le musée réunit astrophysiciens, poètes, voyante et musiciens sous le leitmotiv «Au-delà des étoiles». Nous avons profité de l’occasion pour poser quelques questions à Louis Warynski, étoile montante de la scène instrumentale et électronique française.

 

Avec l’astronaute français Thomas Pesquet à bord de l’ISS et ses nombreux clichés de notre bonne vieille planète Terre, on ne s’est peut-être jamais senti aussi proche des étoiles. Elles vous seront encore un peu plus à portée de main jeudi lors de la Curieuse Nocturne consacrée aux domaines du cosmique et du mysticisme. Au programme, de la peinture, avec l’exposition « Au-delà des étoiles, le paysage mystique de Monet à Kandinsky », réalisée en collaboration avec l’AGO (Art Gallery of Ontario), mais aussi de nombreux poèmes de Baudelaire, Lamartine ou Hugo interprétés par les comédiens de La Brigade Poétique Volante, toute une série de courts-métrages sélectionnés par le festival « La Nuit au cinéma » et présentés en avant-première dans la salle de l’Horloge, un speed-dating avec des astrophysiciens qui répondront à toutes vos questions – mieux vaut les préparer à l’avance, vous ne disposerez que de dix minutes par spécialiste – et une rencontre avec Astrid Descartes, voyante qui lira votre avenir dans ses cartes le temps d’un happy hour. N’oublions pas non plus le Messin Louis Warynski, alias notre Chapelier Fou préféré, et ses musiciens qui donneront une série de concerts dans la Nef du musée. Ou comment quitter la planète le temps d’une soirée.

Jeudi 23 mars de 18h30 à 22h30 au musée d’Orsay, 1 Rue de la Légion d’Honneur​, 7e, M° Assemblée nationale / RER Musée d’Orsay. Entrée : 9 euros (gratuit pour les moins de 26 ans). 

 

4 questions au Chapelier Fou, musicien à la carrière aussi brillante que discrète, qui a su se frayer son chemin puis imposer son style si particulier au sein de cette jungle que l’on appelle parfois « folktronica ».

Depuis le début de ta carrière, tu as su développer une vraie fan-base autour de ton projet alors que tu évolues dans un style plutôt particulier, qui n’a pas tellement de semblables. Comment l’expliques-tu ?

Le Chapelier Fou : C’est peut-être ce qu’on récolte à force de persévérance, de ne faire aucune concession. Si tu ne cherches pas à le faire, les gens que tu séduis par accident, tu les séduis bien. Je n’ai pas du tout la prétention de toucher le plus grand nombre : je préfère bien toucher dix personnes que moyennement mille.

Tu as toujours eu un rapport particulier à l’univers du fantastique, preuve en est avec ton nom de scène et tes différents projets, comme ton dernier album, Kalia, conçu dans le cadre d’une installation artistique.

J’ai toujours trouvé que dans la musique instrumentale, où tu n’as pas de propos évidents, tu peux quand même avoir des protagonistes. Pour moi une mélodie ou un petit motif, un son, peuvent être identifiés comme un caractère, une identité qui peut être vivante dans des contextes différents. Et oui il y a un côté narratif, aventure dans Kalia : tu prends une petite mélodie, tu l’enrobes de telle manière, tu la mets dans une pièce et puis tu la déplaces… Tu sais que c’est toujours la même mélodie, mais elle évolue en quelque chose d’autre. Un peu comme ce Monsieur Kalia, le personnage principal de cette installation.

 

Quel est selon toi ton album le plus abouti, celui dont tu es le plus fier ?

Invisible (sorti en 2012, ndlr). Parce qu’on dit toujours que le deuxième album est le plus dur alors que j’avais vraiment l’impression d’être arrivé à quelque chose de solide, d’avoir réussi mon coup : j’étais passé de 613 (sorti en 2010, ndlr) qui était assez léger, plaisant, à une sorte de lourdeur et de sérieux. Rien que pour le morceau « Cyclope & Othello » par exemple, qui arrive en deuxième piste et qui dure neuf minutes. Il y a une sorte de radicalité dans cet album qui a été créé dans la douleur, à une époque où je n’étais pas très bien. Et je sais que ce cap-là m’a donné confiance dans la suite de ma carrière.

 

De quel artiste actuel te sens-tu le plus proche ?

Je dirais James Holden. Je me reconnais beaucoup dans son côté conceptuel : il a souvent de petits concepts qu’il pousse très loin. Et puis aussi parce que je suis complètement féru de synthétiseur modulaire, de programmation sur Max/MSP, exactement comme lui. J’ai l’impression de vraiment comprendre son délire alors que c’est très rare que je comprenne ce que fait quelqu’un.

Mini-album Kalia (Ici d’Ailleurs / L’Autre Distributiuon).