Declan McKenna

Le secret consiste à ne pas brûler les étapes. C’est ce que l’on entend quand émerge un talent précoce.

Il semble que l’on applique ce principe de sagesse à l’Anglais Declan McKenna. Il aura dix-huit ans à la fin de l’année… Ainsi est-il lâché dans le grand bain de manière progressive. On se souvient avoir aperçu cet été sur la scène de Fnac Live le chanteur et guitariste pour un set de moins d’un quart d’heure (!), juste avant Django Django. Plus consistantes furent ses deux premières parties de Foals à l’Olympia, début février. Et le Londonien lauréat du concours Emerging Talents du festival Glastonbury, avec son hit Brazil, a déjà gouté au frisson du raout rock de référence. Il faut dire que ledit hit qui « parle de la corruption et de l’inégalité autour de la Coupe du monde au Brésil », dixit son auteur, est doté d’un motif de guitare assez irrésistible. Le genre de tube qui impose un songwriter pop, en plein dans la filiation anglaise. À l’écoute du premier des cinq titres de Declan McKenna, à paraître début mars, on songe en effet à quelques ainés qui allient le gimmick efficace au mot qui tombe bien. En tête, Alex Turner d’Arctic Monkeys et de The Last Shadow Puppets. Quoique, pour l’heure, Declan se passe des services d’un groupe de rock, jouant tout seul l’ensemble des instruments et passant avec aisance de la guitare au clavier. Chacune des cinq chansons à sa petite histoire. La plupart sont motivées par la dénonciation d’une injustice. On imagine que le show de la Boule noire offrira son lot de nouveaux titres. Et pourquoi pas un premier album à 18 ans ?