Depeche Mode en concert au Stade de France

Le groupe prend ses quartiers d’été au Stade de France pour la seule date parisienne de sa tournée mondiale « Spirit Tour ».

En 2017, que reste-t-il de nos amours avec Depeche Mode ? Le souvenir nostalgique des premiers flirts avec la pop britannique jetable et maniérée des 80’s ? La sensation conquérante d’avoir vu se dessiner sous nos yeux le futur de la musique à l’orée des 90’s ? Le fantasme de vivre à mille à l’heure le mythique « Sex, drugs & rock’n’roll » de nos idoles ? Alors que le groupe prend ses quartiers d’été au Stade de France – pour la seule date parisienne de sa tournée mondiale « Spirit Tour » débutée au début du printemps -, l’engouement général autour de Martin Gore, Dave Gahan et Andy Fletcher n’aura jamais paru aussi… poli. Comme si la belle histoire d’amour, avec ses moments d’innocence, ses excès et ses sommets vertigineux, avait fini par devenir une respectueuse mécanique sentimentale entre un monument de la pop music des 30 dernières années – mais qui n’a plus vraiment joué les Grands Explorateurs artistiques depuis l’album « Exciter » en 2003 – et des fans toujours nombreux mais absolument pas dupes.

Spirit, 14è album studio du trio paru en mars dernier, confirmait la tendance : capable de jolies surprises avec son sombre entrain rock (bien vu le cynisme antisystème de « Where’s The Revolution ») et cette gravité vocale, toujours superbe, à la limite de la rupture (« Cover Me »)… Mais tout aussi coupable de se la couler douce dans un conformisme sonore un peu agaçant, parfois irritant (le très dispensable « Eternal » et son mélo poussif). Dave Gahan et Martin Gore, tous deux cinquantenaires, militants humanistes en effroi devant la décomposition morale et politique du monde, n’en restent pas moins de parfaits nantis lorsqu’il s’agit de gérer leur boutique sonore « en bons pères de famille »  – entre pop songs lacrymales et détours éléctro rock déjà vus.

Il n’empêche, Depeche Mode garde intact son aura de formation culte en continuant de conjuguer avec classe grandes messes scéniques et cérémonie rock mémorielle – des premières bluettes pop adolescentes « Just Can’t Get Enough » aux titres de la consécration et maturité artistique (« Never Let Me Down Again », « Enjoy The Silence », « Personal Jesus ». Que reste-t-il de Depeche Mode en 2017 ? L’amour, toujours… 

Le Dimanche 2 juillet au Stade de France, La Plaine St-Denis (93). RER B : Stade de France. Places 44  €.