Dj Shadow, électro cinématographique

Son pseudo l’a toujours laissé supposer, mais ceux qui l’ont rencontré le confirment : personne n’est plus modeste que DJ Shadow. Pourtant, le Californien est une pointure.

Starifié il y a presque vingt ans avec son premier LP, « Endtroducing », une merveille d’innovation que certains ont vu comme l’album fondateur du trip-hop, et connu aujourd’hui pour être l’album réalisé avec le plus de samples de tous les temps, il a ensuite très vite mis son nez dans des projets divers et souvent également audacieux. Producteur et compositeur, dans la foulée,  du tout aussi mythique « Psyence Fiction » du collectif U.N.K.L.E,  où apparaissaient aussi bien Mike D. que Thom Yorke, puis touche-à-tout génial,  le DJ-musicien ne tira pas un trait sur sa carrière solo. Avec  malheureusement toutes les peines du monde à exprimer sa créativité quand on ne l’attendait que comme un gold digger magicien. Après un troisième album particulièrement décrié et un quatrième forcément trop frileux, il aurait fallu cinq ans pour que l’homme de l’ombre se jette à nouveau dans l’arène. Visiblement affranchi des critiques, on le retrouve avec un retentissant « The Moutain will fall » sur lequel s’exprime sa science des samples (mais sans trop), son amour du hip hop que l’on retrouve sur des morceaux aussi modernes que maîtrisés, sa capacité à n’utiliser les featurings qu’à bon escient, et son attrait pour toutes les musiques jusqu’au classique. Mieux qu’un coup de gueule, une mise au point parfaite.