Fête de la musique : Miossec à Cachan

La Fête de la musique est parfois celle des textes. À commencer par ceux de Christophe Miossec, chanteur et parolier auquel certaines vedettes s’adressent désormais pour des chansons plus rondes, voire plus profondes.

Lui-même, en dépit de la crise du disque, a réussi la prouesse d’un disque d’or pour son dernier album en date : Ici bas, ici même (2014). Chansons du temps qui passe, de la solitude, du célibat et considérations sur la fin. Déjà ? À cinquante ans, le Brestois (et non le Breton ; les connaisseurs apprécieront) s’interroge sur l’essentiel.

Si l’heure est grave, la musique est, elle, bien plus légère que sa précédente sortie, rock à bloc. En somme, sur le tempo de la ballade, une musique assez fine tisse des nuances nostalgiques. L’œuvre soignée pourrait placer Ici bas, ici même dans un trio de tête des albums de Miossec, avec Boire et 1964… Sur scène, Miossec est accompagné par Hugo Cechosz (basse, contrebasse, guitare), Florent Savigny (batterie, percussions, marimba), Vincent David (guitare, claviers), Valentine Duteil (violoncelle, claviers, basse) et Nathalie Réaux (chœurs, percussions, claviers). 

Côté paroles qui sortent de l’ordinaire, Nicolas Paugam (ex-Da Capo), lui aussi, se pose là. Pour s’en convaincre, on recommande son album intitulé Aqua Mostlae, où le résident de Cachan fait feu de tout bois quand il s’agit d’évoquer en chansons la poésie du cœur face à la prose des circonstances… Une voix et un musicien atypiques dont le récent succès d’estime est un encouragement à suivre le chemin de l’audace.