Feu! Chatterton

À raison d’un concert par mois, le quintette parisien a ses habitudes au Trianon.

En février, la date affichait complet. Feu! Chatterton ne connaît pas l’engouement colossal de Fauve, mais sa notoriété va croissante de façon régulière, voire de manière inexorable, serait-on tenté de corriger. Un passage télé lors des dernières Victoires de la musique, catégorie Groupe révélation scène (nominé mais pas gagnant), fut un autre coup de projecteur. En somme, les chansons en français et la musique suggestive de Feu! Chatterton (en référence au poète anglais Thomas Chatterton, suicidé en 1770, et clins d’œil appuyés à Gainsbourg et Bashung) ont un fort pouvoir de séduction. À commencer par la voix cassée et les textes saillants d’Arnaud Teboul, chanteur décalé, désigné dandy par facilité, mais qui semble davantage en provenance des années 1950-60, de la famille “rive gauche” : Brel, Ferré, Brassens, Gréco, Barbara, etc. On lui doit en grande partie les chansons singulières (dont “La Malinche”, “Cote Concorde”, “Harlem”), sorte de récits à plusieurs lectures qui ont permis à Feu! Chatterton de décoller, jusqu’à signer chez Barclay. Au passage, le groupe remportera notamment le prix Chorus 2014. L’histoire, qui débute à Paris au Lycée Louis-le-Grand, où Arnaud Teboul rencontre les deux guitaristes du groupe, a ainsi des allures de conte fées ou quand deux férus d’indie-rock conversent avec un aspirant poète. Paru en octobre dernier, l’album intitulé Ici Le Jour (A Tout Enseveli) , illustre cette combinaison réussie entre un rock atmosphérique lentement élaboré et des mots en miroir. Le groupe, dont les goûts sont vastes et qui rappelle parfois les belles heures de Noir Désir, dit s’entendre sur trois incontournables : Gainsbourg, Arcade Fire et Led Zeppelin… On leur souhaite autant de chapitres contrastés à leur discographie naissante.