FOLK : Nick Mulvey au Trianon

À l’âge où ses camarades écoutent The Strokes, Radiohead ou Sufjan Stevens, Nick Mulvey met le cap sur Cuba pour étudier la guitare et les percussions à l’Institut supérieur des arts de La Havane.

Nous sommes en 2003, et l’Anglais de dix-neuf ans – guitariste autodidacte – donne là un premier signe d’indépendance d’esprit. Le folk de Nick Drake – qu’il appelle « le patron »… –, de John Martyn et de Paul Simon le passionne, mais son appétit se porte de bonne heure sur d’autres sonorités. « Ma rencontre avec les sons africains s’est faite à l’adolescence, grâce à un disque du guitariste malgache D’Gary. Ensuite, j’ai découvert les Maliens Rokia Traoré, Ali Farka Touré, puis la rumba congolaise, le maloya de Danyèl Waro…», confiait-il à Libération en novembre dernier. La première apparition sur disque du guitariste voyageur le verra toutefois tenir le hang – une percussion inventée en Suisse – au sein d’un groupe de jazz actuel, atmosphérique et cérébral : les Londoniens de Portico Quartet.

Mais l’appel de la guitare et de l’écriture de chansons prend le dessus, si bien que Nick Mulvey quitte la troupe en cours de route. Une nouvelle voie qui, après trois années de maturation, aboutit au meilleur album folk de 2014 : First Mind. Douze titres où l’on ressent que chaque élément (guitare espagnole, basse, batterie légère, cordes, etc.) est posé avec soin, pour que l’édifice en équilibre harmonique ne s’effondre pas. Du folk sensible, littéralement en état de grâce, orné de quelques lueurs africaines. Comme chez Piers Faccini ou José González quand il conduit Junip.

Ce que Nick Mulvey admire chez le maître Nick Drake, c’est qu’il va à l’essentiel. Message reçu. Et l’élève écrit sa propre histoire.