Funk F.M, paillettes & disco: ça groove dans l’Hexagone !

Reprenons la machine à remonter le temps direction les extravagantes eighties.

C’est cette période propice à tous les excès que propose de ressusciter, chacun à leur manière, quelques diggers savants parmi lesquels Charles Maurice (French Disco Boogie Sounds), Vidal Benjamin (Disco Sympathie) et Fred de Serendip Lab (France Chébran). Ces trois-là ont fouillé les sous-sols pour dénicher une pelletée de morceaux de « french boogie » archi oubliés qui ont « failli » devenir des tubes. A leur écoute, on a un peu l’impression de participer à une boum géante de l’époque avec une musique oscillant entre pop flashy, disco F.M et funk synthétique. Pour vous situer la chose, on est proche du Chacun fait ce qui lui plaît de Chagrin d’amour, à savoir des chansons mêlant caisses claires, basses slapées, mélodies accrocheuses chantées par des starlettes teenage et surtout, cerise sur le gâteau, des passages quasi rapés par des blancs-becs frimeurs qui s’y croient vraiment. Les prémices du hip hop hexagonal en un sens.

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Alors certes, on est loin de n’avoir à faire qu’à des chefs-d’œuvre – les rimes sont souvent trop faciles, la production trop kitsch ou le vocabulaire irrésistiblement ringard – mais on ne peut étrangement pas s’empêcher de nourrir une certaine nostalgie en égrenant ces petites pastilles musicales un peu toc mais ultra jouissives qui agissent comme des marqueurs générationnels.

Car elles ont le mérite de raconter quelque chose du pays à un moment précis, en l’occurrence celui du début des années fric et leur légendaire insouciance qui allaient bientôt connaître une crise sans fin. Alors en attendant, il n’y a plus qu’à écouter le conseil du titre de Marie Chaptal, niché au cœur de la compile Disco Sympathie : Pense pas et danse !