Grand Blanc

La première fois que l’on a entendu Grand Blanc, un chanteur avec une grosse voix racontait une virée le samedi soir, indiquant qu’il ne voulait pas « finir aux objets trouvés ».

La chanson s’appelait “Samedi la nuit”, le décor était planté : la post-adolescence en province, avec peu de perspectives et pas mal de frustrations. Renseignements pris, la musique directe et les textes sans pincettes de Grand Blanc sont fomentés à Metz, en Lorraine. Des tableaux (et des vidéos) non sans lien avec les univers cinématographiques des frères Dardenne ou de Bruno Dumont. Côté inspiration musicale, les jeunes gens cultivés citent aussi bien Joy Division que Bashung, parfois quelques musiciens blues du Delta. Un premier album réussi, Mémoires vives (sur le label Entreprise), évoque souvent le son after-punk des années 1980, versant séquenceurs et claviers glacés. Le chant alterne entre le féminin et le masculin sur une musique rentre dedans (Bosphore, Disque sombre, Verticool, Désert Désir). Des moments plus calmes font apprécier le sens de la mélodie de Grand Blanc (“Surprise Party”, le refrain magnétique d’“Evidence”). Ce groupe qui soigne le son et les mots vit la scène comme une forme d’exutoire. À suivre de près.