Hyphen Hyphen

Remplir des stades et donner des concerts gigantesques, telle est l’ambition affichée par Hyphen Hyphen, 22 ans de moyenne d’âge. Dans la sphère de la pop indépendante d’ici, où l’on situait hier les quatre Niçois, l’usage est de montrer davantage de réserve et de retenue. Plus encore, le succès massif aurait quelque chose de compromettant… Pas chez Hyphen Hyphen (« trait d’union trait d’union », en anglais) qui vise, ni plus ni moins, la pop la plus universelle qui soit. Autrement dit, Santa (chant), Adam (guitare), Line (basse) et Zaccharie (batterie) ne cachent pas leur fascination pour quelques stars américaines, catégorie « world tour », de Madonna à Katy Perry.

Le projet de conquête pourrait paraître arrogant et mégalomane, mais il a là quelque chose d’assez innocent. Comme si Hyphen Hyphen, qui s’est formé au lycée, croyait dur comme fer à un fabuleux rêve pop, en illimité. De même, le premier album du groupe paru en septembre, intitulé Times, voit les choses en très grand. Gros son et gros refrains portés par la voix forte et grave de Santa. Comme sur la triade en début d’album Just Need Your Love (le single), We Light The Sunshine et Cause I Got A Change, où l’on prend quelques uppercuts entre pop XL et R&B moderne.

Il est dit que Santa, au demeurant Franco-Américaine, a pris quelques conseils auprès du coach vocal de Beyoncé et de Christina Aguilera. Pour ne pas se louper, Hyphen Hyphen ne s’est rien refusé. De même pour la production, où l’on retrouve des artisans du son massif de The Shoes, Woodkid ou M83. Sur Times, il arrive aussi que l’on perde un peu le fil de la chanson et de la mélodie quand la cathédrale sonore se révèle trop haute de plafond… On préfère de beaucoup quand le groupe s’aventure sur des terrains plus personnels, tel le bien nommé I See Myself, ou lève un peu le pied : le piano de Please Me et la guitare bluesy de No Sweet Surrender.

Pour la scène, dûment grimé et adepte du mouvement perpétuel, Hyphen Hyphen a coutume de dire qu’il part à la guerre. Et les concerts, avec près de deux cents au compteur, ils connaissent. Ainsi, s’ils atteignent un jour les stades du monde entier, au moins n’auront-ils pas brûlé les étapes.