Interview : au micro de Phoenix

À l’aube de son très attendu concert parisien, rencontre avec un groupe en perpétuelle invention.

Au-delà d’un plaidoyer pour l’amour, Ti Amo, a été perçu comme une ode à l’italo disco, influence que l’on avait peu remarquée dans vos précédents albums. D’où vient cette nouvelle inspiration?

Christian Mazzalai (guitare) : L’Italie, c’est avant tout une influence inconsciente pour nous tous. Enfant, j’ai passé une grande partie de mes vacances sur la péninsule, alors j’ai sûrement entretenu une certaine attirance pour ce pays. Et puis on s’est rendu compte qu’on avait beaucoup écouté de titres italiens des années 1970 lors de notre dernière tournée.
Branco (guitare) : C’est tout l’art de vivre à l’italienne qui nous inspire. On n’avait pas vraiment prévu d’inclure cette thématique, mais elle s’est imposée assez naturellement dans le processus d’écriture. Finalement, ce disque sonne comme une libération pour vous.

Aviez-vous le sentiment que vos envies personnelles et votre ambition artistique commençaient à vous échapper?

B. : Effectivement, nous voyons ce disque comme une volonté du groupe de prendre le temps de s’arrêter sur ce qu’il a réalisé… pour mieux se réinventer. C’est vrai que Ti Amo, de par sa sensibilité, propose un tempo général plus lent. Mais aussi plus dansant, plus axé sur une vision européenne de la musique – il faut faire vibrer les corps. On avait déjà essayé d’aller dans cette direction à nos débuts, avec un titre comme « If I Ever Feel Better ».
C. M. : Mais on n’avait jamais réussi à restituer en live cette émotion brute qui donne toute sa force au morceau. On le jouait trop rapidement. Là, on a baissé le tempo, histoire que le rythme naturel de la chanson soit plus groovy. Aussi, il me semble que lorsqu’il écoute Ti Amo, l’auditeur a cette même impression que la musique prend son temps pour véhiculer des émotions fugaces, mais vécues de manière plus intense.

Ti Amo a été enregistré entre deux tournées, à la Gaîté lyrique. Vous aviez besoin d’un lieu neuf pour écrire ce nouvel album?

C. M. : On a besoin de ne jamais refaire la même chose et pour ça, on a une stratégie toute simple : à chaque album, on choisit un nouveau lieu, mais aussi de nouveaux instruments. De cette manière, on arrive sur le site sans idée préconçue. Ça nous permet de retrouver le frisson de la page blanche! (Rires.) Pour cet album, on a vraiment essayé de créer en roue libre, de manière quasi inconsciente. Notre but a été de laisser libre cours tant à notre imagination qu’à tout ce qui nous dépasse.
B. : On a fait appel à un ami ingénieur du son, Pierrick Devin, pour nous mettre dans un état d’esprit propice à nous refaire une certaine « virginité » musicale. Pour le reste, nous avons pratiquement tout fait nous-mêmes.

Quelles seront les surprises visuelles de cette tournée? C’est un aspect de vos concerts sur lequel vous semblez avoir pas mal réfléchi…

B. : On a souvent utilisé des artifices débiles lors de nos précédentes tournées : light show massif, faux billets de banque… Pour cette tournée, il n’y en aura pas – l’esprit de Ti Amo est moins « billets de Monopoly » que le précédent.
C. M. : L’idée nous trotte dans la tête depuis un moment. On veut mettre en avant le fait que l’on est musiciens. Ce que l’on va jouer sur scène sera vu et vécu différemment selon l’angle où l’on se trouve dans le public. Du coup, il nous tarde vraiment de présenter ce show au public parisien.

En concert le 29 septembre, à l’AccorHotels Arena
8, avenue de Bercy, 12e 
De 51 à 78,50 €.