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Interview : on a rencontré La Chica

La Chica est une chic fille qui en a. Mais quoi exactement ? Beaucoup de personnalité, pas mal de choses à dire et énormément de talent. C’est à l’occasion de son envoûtant concert à Rock en Seine que nous avons pu nous entretenir avec l’artiste franco-vénézuélienne, Sophie Fustec de son vrai nom. Cette multi-instrumentiste (violon et piano au conservatoire) fan de Radiohead (Thom Yorke est l’un de ses modèles) a su puiser dans le meilleur de ses influences et de ses origines pour aboutir à un son unique, aux multiples facettes. Sous un soleil de plomb, en ouverture du dernier jour du fameux festival francilien qui sonne le glas de l’été, La Chica a livré un set tout en émotions qui aurait largement mérité d’être programmé plus tard. Entre textes engagés, féminisme revendiqué et énergie à revendre, La Chica – en short de boxe – était prête au combat. Rencontre.

La Chica

Ton album Cambio sorti en début d’année parle, comme son nom l’indique, de changements aussi bien personnels que géopolitiques. En particulier dans ton autre patrie, le Venezuela, qui vit la plus grave crise économique, sociale et politique de son histoire moderne comme tu l’as rappelé pendant ton concert. Est-ce une forme d’exutoire de jouer ces morceaux sur scène ?

La Chica : Faire de la musique de manière générale est un exutoire pour moi. Composer des chansons est un excellent moyen de maintenir ma santé mentale. C’est le seul recours que j’ai pu avoir ces dernières années au milieu d’un sentiment d’inutilité totale face à cette situation. Cette frustration quand on t’appelle toutes les semaines pour t’annoncer une autre horreur, comme un pote qui meurt du diabète parce que les médicaments n’arrivent plus. Des coupures d’électricité qui font que les bébés en couveuse ne survivent pas. Ta famille qui mange un jour sur deux, voire sur trois. Mon seul moyen d’envoyer de l’énergie, de l’amour, de la force aux gens là-bas, était de faire des chansons.

Le chant en espagnol participe-t-il de cette démarche ?

LC : Depuis le début l’espagnol est une évidence. Et s’il aide effectivement à faire passer le message, ce n’était pas quelque chose de réfléchi. C’est sorti comme ça.

Tu t’es fait tout d’abord connaître en tant que membre des 3SOMESisters. Quel a été le cheminement pour arriver à ton projet solo ?

LC : En réalité, j’ai accompagné des groupes pendant très longtemps. J’ai été pianiste sur des tournées pendant 12 ans. Jouer avec les 3SOMESisters était génial, mais j’avais déjà le projet La Chica en parallèle, sans pour autant le développer plus que ça. Je prenais mon temps et attendais d’avoir l’énergie d’être libre pour ça. J’avais en tout cas la nécessité de m’exprimer à travers ma propre musique, il fallait que les chosent que j’avais à dire sortent. C’est une nouvelle étape de ma vie.

Comment as-tu travaillé sur l’album ?

LC : J’ai toujours écrit pour me libérer de plein de choses. Donc certaines chansons ont été composées il y a une dizaine d’années, voire plus. D’autres à la dernière minute. Mais elles ont toutes suivi le même cheminement avec pour fil rouge la métamorphose. Car le changement, ça peut être douloureux. Quand on se retrouve seule face à soi-même, il n’y a plus d’excuse. Il y a donc des vérités que tu n’as pas envie de voir, des défauts qui t’apparaissent, mais cette introspection est bénéfique. Et ce cheminement n’est pas fini. J’ai appris à me détacher de la manière dont les gens réceptionnent ma musique. Ceux qui sont touchés, je trouve ça super. Mais avant tout, je le fais pour moi.

Tour à tour énergique et mélancolique, parsemé de saillies empreintes de fureur, Cambio se révèle complexe, voire même légèrement schizophrène. A ton image ?

LC : Ah ah, totalement. J’ai une totale schizophrénie culturelle en raison de mes deux héritages. Et l’album reflète plutôt bien ma personnalité en effet.

Le métissage fait partie de ton identité. Ça serait quoi pour toi le mélange le plus improbable qui pourrait fonctionner ? Que ce soit en musique, en cocktail ou en cuisine ?

LC : La fusion connaît un vrai succès en cuisine depuis quelques années. Il faut tester. Je vais souvent dans des restos franco-portugais, franco-péruviens ou franco-japonais par exemple. C’est assez étonnant. Je ne sais pas s’il existe de mélange parfait mais en tout cas moi j’ai envie qu’il y ait des mélanges, point. Qu’on arrête un peu ce purisme de consanguins ah ah.

Tu as en partie grandi à Belleville, quartier emblématique du Paris pluriculturel. Quels sont tes endroits favoris là-bas ?

LC : Quand j’y suis, j’adore me promener dans le parc de Belleville et aller manger des soupes Chez Yu.

 

Ecouter Cambio

La Chica sera en concert le vendredi 18 octobre au MaMA Festival Infos & Billets


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