Interview : on a rencontré le groupe Parcels

Inscrits au registre ultra-fédérateur dans pas mal de festivals, auteurs déjà de quelques gros tubes comme “Overnight” avec le duo Daft Punk (qui les aura repérés à Paris lors d’un aftershow aux Bains) ou l’entêtant “Tieduprightnow”, Parcels, ces cinq garçons d’à peine 21 ans de moyenne d’âge qui viennent de sortir leur premier album éponyme, sont l’une des nouvelles sensations musicales du moment. Australiens mais pas surfeurs, signés sur le label Kitsuné mais pas parisiens du tout, ceux-là aiment brouiller les pistes, qu’il s’agisse d’image ou de son. Rencontre avec une partie des Parcels, Patrick Hetherington qui y officie aux claviers, et Anatole Serret, le batteur (presque) frenchie du groupe.

 

Parcels, interview in the air

 

Les 5 membres du groupe Parcels
© Antoine Henault

 

Pour cette journée à Paris, vous êtes les deux porte-parole du groupe. Anatole, on peut se dire qu’on va parler français ?

Mon père est français, mais non, ça ne va pas être possible (rires). Après, au-delà de mon nom à moi, je sais que pas mal de gens chez vous pensent que nous sommes un groupe français. Mais nous n’y voyons pas d’inconvénient. On ne nous imagine pas souvent australiens, de toute façon.

 

Comment expliquez-vous l’assimilation ?

Sûrement parce que les artistes français ont dû pas mal nous inspirer. Et ce, en partie pour tout ce qu’ils mettent de cinématographique dans leur musique. Nous avons grandi en écoutant des groupes comme Air, Phoenix ou Daft Punk, avec lesquels nous avons fini par travailler. Mais au départ, nous les avons découverts et aimés sans même savoir qu’ils étaient français… (rires) Après aussi, puisque c’est le label Kitsuné qui nous a repérés, on peut dire que vous nous avez adoptés !

 

Vous avez aussi montré vos affinités avec la culture française en vous inspirant de l’univers du photographe Guy Bourdin pour la très belle vidéo de votre titre “Lightenup” où l’on vous voit réagir chacun de manière très ironique et donc excessive vis-à-vis du star-system…

Oui, nous avions en tête quelque chose de très mis en scène, dans une esthétique postmoderne, et à ce titre, bien sûr, l’univers de Guy Bourdin n’était pas loin. L’image et l’art en général sont des choses qui comptent beaucoup pour nous.

 

Il y a trois ans, vous avez choisi de vous exiler à Berlin. Pourquoi ce choix ?

Nous avons vite été tous d’accord quant à l’idée de quitter notre pays. Les États-Unis ne nous attiraient pas du tout, parce qu’il y a toujours comme en filigrane l’idée que l’Australie est sous la coupe de l’Amérique, et nous avons spontanément pensé à l’Europe, tout en visant un pays non-anglophone, histoire de ressentir un vrai dépaysement. À ce moment-là, tout le monde nous parlait de Berlin, et de son émulation créative. Cette perspective nous a séduits.

 

Vous avez ressenti une certaine affinité avec la scène électro berlinoise ?

Nous en avons forcément écouté un peu en club, et chez nous aussi, mais nous n’étions pas aussi fans du genre que nos parents, qui écoutaient souvent pas mal de techno allemande.

 

Quelles étaient vos influences avant la sortie de votre premier EP ?

Nous écoutions de l’électro actuelle, bien sûr, mais aussi de vieux classiques. Nous partageons un vrai goût pour des groupes comme les Beach Boys, les Bee Gees ou Fleetwood Mac, que nous avons découverts via internet. Mais les uns et les autres ont aussi nourri le groupe de leurs influences particulières, du folk au métal.

 

À votre sujet, on dit d’ailleurs souvent que vous faites de la musique rétro pour le public d’aujourd’hui. Qu’en pensez-vous ?

Nous penchons certainement des deux côtés de l’histoire musicale. Sur notre album, on va effectivement trouver des inspirations 70’s, mais la production est définitivement actuelle. Aussi, en concert, on aime l’idée que nos titres sonnent comme de l’électro pure, alors qu’on utilise de vrais instruments. Si on ferme les yeux, on croit qu’on écoute le set d’un DJ, et quand on les rouvre, on voit ce groupe de cinq types qui jouent en live. C’est comme un challenge.

 

Être cinq, justement, cela peut rendre les choses difficiles quand il s’agit de trouver la direction à suivre ?

Bizarrement, non. Nous sommes amis depuis si longtemps qu’il semblerait que nous ayons développé une même manière de penser. Mais on dira plutôt que nous sommes très compatibles, parce qu’il y a parfois de vrais débats.

 

On considère parfois votre musique comme une sorte de sunshine pop très optimiste, alors qu’elle comporte aussi une vraie part de nostalgie, qui apparaiît encore davantage au fil des écoutes.

Bien sûr, notre musique est loin de n’être que festive, et on aime l’idée que comme avec la bonne cuisine, on en découvre peu à peu les différentes saveurs.

Premier album Parcels (Kitsuné/Because Music), sorti le 12 octobre.
En concert lundi 13 novembre à l’Olympia.

 

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