Ismaël Margain, presque célèbre

La valeur n’attend pas… Ismaël Margain n’a pas encore 25 ans et ne terminera son cursus au Conservatoire National Supérieur de Paris qu’en juin prochain, mais il compte déjà parmi les pianistes français les plus en vue de la nouvelle génération.

Le prestigieux Festival Piano aux Jacobins de Toulouse ne s’y est d’ailleurs pas trompé, qui l’invite bientôt au théâtre de l’Athénée pour son rituel concert parisien hors les murs. Une arrière-grand-mère célèbre chanteuse d’opérette (Hélène Regelly, 1904-2001), un grand père trompettiste de jazz et discophile passionné, des parents profondément mélomanes : la voie empruntée par Margain ne surprend guère. Dans son Sarlat natal, le gamin se met au piano à l’âge de 4 ans ; il en a à peine plus de 10 quand se produisent ses premières apparitions publiques. 2010 voit son entrée au Conservatoire de Paris où il aura la chance de travailler avec des professeurs tels que Nicholas Angelich, Frank Braley, Denis Pascal, Roger Muraro et Michel Dalberto – excusez du peu …
Outre un sens musical inné, la maturité de l’interprète tient beaucoup aussi à ce que, parallèlement aux études, il se confronte très tôt à l’expérience du concert et côtoie des collègues plus avancés dans la carrière. Yves Petit de Voize, directeur artistique du Festival de Pâques et de l’Août musical de Deauville, fait appel au talent de Margain dès 2011. Depuis, tous les ans, ces rendez-vous normands permettent de le retrouver, surtout en musique de chambre, dans un répertoire d’une étonnante diversité. C’est d’ailleurs aussi dans un esprit chambriste que Margain conçoit le dialogue à quatre mains ou à deux pianos avec son camarade Guillaume Bellom (né en 1992 comme lui) – autre pianiste à suivre de très près ! –, en compagnie duquel il se produit souvent. Ils ont déjà deux remarquables disques à leur actif (Schubert et Mozart, sur le label Aparté). 
On attendait avec impatience le premier enregistrement en soliste de Margain ; le voici, publié parallèlement à la soirée de l’Athénée : un récital Schubert de toute beauté (sur le label B RECORDS). « Schubert est le compositeur qui me parle de la façon la plus évidente ; celui qui me touche le plus », avoue l’interprète. Et de nous en convaincre par l’ultime et vaste Sonate D. 960, vécue avec une simplicité et une poésie peu communes, et par des Klavierstücke D.916 parcourus d’un irrésistible frisson. La musique à l’état pur … Le disque a été capté en concert à Deauville l’été dernier et c’est ce même programme que Margain propose le 6 mars prochain à l’Athénée. Une soirée incontournable pour les férus de piano et les curieux de talents en devenir. 

Récital d’Ismaël Margain, le lundi 6 mars à 20h00 à l’Athénée Théâtre Louis-Jouvet, square de l’Opéra Louis-Jouvet, 75009. M°3 et 9 Havre-Caumartin et RER A Auber. Places de 13 à 34 euros. Tél. 01 53 05 19 19. 21e Festival de Pâques de Deauville, du 15 au 30 avril 2017 musiqueadeauville.com/xxiefestivaldepaques/