Jacco Gardner

Depuis Hoorn, dans le Nord des Pays-Bas, Jacco Gardner rêvait d’un grand trip. En premier lieu, un bon trip musical où il rappellerait ses héros de la fin des années 1960 : Pink Floyd, Love, The Byrds, Syd Barett, etc. Des goûts qui peuvent surprendre chez un jeune homme, multi-instrumentiste, né en 1988… Mais après tout, le psychédélisme et la pop baroque se portent plutôt bien et s’arborent fièrement – voir la cohorte des groupes en vue, de Tame Impala à Moodoïd.

Ainsi, en 2013, Jacco Gardner mettait dans le mille avec un premier album pétri de mélodies accrocheuses et planantes, de guitares et de claviers irréels : Cabinet of Curiosities. Un coup d’essai en forme de renommée instantanée, avec la grande tournée internationale qui va avec. Après le trip musical, donc, le voyage. Possible aussi que grandir dans la ville portuaire de Hoorn donne l’idée de déployer un jour la grand voile. Quoiqu’il en soit, le second album, Hypnophobia, la peur du sommeil, puise une partie de son inspiration dans de nouveaux horizons : « Tourner à travers le monde m’a totalement transformé. J’ai vu des lieux que je n’avais jamais vus avant, ou dont j’ignorais même parfois jusqu’à l’existence. Je pense qu’une partie du caractère aventureux de Hypnophobia vient de ces expériences incroyables », dit-il pour présenter le disque. Comparé à Cabinet of Curiosity, le dépaysement n’est pas radical : les chouettes mélodies pop fleurissent de toute part (Another You, Brightly, Find Yourself, Outside Forever). Cependant, l’orchestration se montre plus libre et plus onirique encore. Jacco Gardner se lançant parfois dans de longues séquences hallucinées. On aime aussi le soin apporté au son ; on jurerait qu’il joue et enregistre avec du matériel de la grande époque de la pop psychédélique. Le concert du soir devrait convoquer les meilleurs trips des deux albums.