Jagwar Ma

Le duo donnera un concert le 7 mars au Trabendo.

Il y a un peu plus de trois ans, la presse spécialisée s’énamourait de Jagwar Ma et de sa manière presque insolente de dézinguer la scène de Madchester. Des esprits rock et club qui se croisaient dans des titres s’étirant à n’en plus finir et des sonorités qui présupposaient une filiation presque naturelle avec la ville de Manchester pour le duo.  Pourtant, on apprit vit que, au contraire de leurs modèles mancuniens, Happy Mondays, Stone Roses et autres New Order, Jono Ma et Gabriel Winterfield ne venaient pas du tout d’Angleterre mais bien de l’autre côté de la planète, en Australie, pays oscillant alors musicalement entre la gloire de Tame Impala et le (déjà) souvenir de celle de Midnight Juggernauts. On comprit alors d’où provenait cette âme de surfeur qui semblait parcourir Howlin, le très azimuté premier album de Jagwar Ma. Surfeur dans sa liberté artistique comme dans ses sonorités, à l’instar de la voix de Gabriel, à laquelle on prêterait aisément quelques liens de sang avec celle de Brian Wilson des Beach Boys. Et avec la sortie de son deuxième album, l’imposant Every Now & Then, paru en octobre dernier et en partie composé dans la vallée de la Loire, Jagwar Ma confirme non seulement qu’aucune frontière de genre ne lui semble figée, en piochant autant dans le kitsch des vieux tubes rock garage des années 90 que du côté de productions plus électroniques, mais aussi, et on en serait presque peinés, qu’il est (déjà) en train de donner un coup de vieux à ses cousins de Brooklyn, les Yeasayer…

Le 7 mars à 19h00 au Trabendo, 211 avenue Jean-Jaurès, 75019. M°5 Porte de Pantin. Prix : 23.90 euros.