Jamie xx

Il a probablement l’un des patronymes les plus courants du Royaume-Uni, Jamie Smith, et est la tête pensante de The xx, projet créé sur les bancs du collège – un collège qui a aussi vu passer quelque Hot Chip, Burial ou Four Tet – avec les copains et copines de l’époque, Oliver Sim et Romy Croft, devenus en 2009 les emblèmes de ce petit coup de jeune rendu à la new-wave.

Mais Jamie Smith, plus connu sous son pseudo Jamie xx, cachait bien son jeu à cette époque, puisqu’il était difficile d’appréhender le virage que le producteur londonien opérerait en solitaire quelques années plus tard. Deux ans plus tard, avec son premier EP sorti sous le nom de Jamie xx et réalisé en collaboration avec Gil Scott-Heron, « Far Nearer », on y voyait déjà plus clair : Jamie avait des rêves de dancefloor, Jamie avait des envies exotiques. On l’a donc attendu, ce premier album, longtemps attendu même, puisqu’il aura fallu quatre ans et un nouvel album de The xx pour entrevoir les esquisses de In Colour, propulsé dans un premier temps par les singles « Girl » et « Sleep Sound ». Si Jamie regardait du côté du dancefloor, il n’avait pas tout à fait fini de nous faire pleurer non plus.

Car là est toute la force du fabuleux album sorti au printemps dernier et qui a déjà traversé trois saisons sans entamer une once de sa jauge de lassitude. Il est un disque nourri par une mélancolie dansante, fait d’un ingénieux entrecroisement des genres où se mêlent techno, soul, dubstep, pop et drum and bass, sans incohérence, créant plutôt un objet musical hybride et protéiforme, variant au gré des saisons et des couleurs, sans cesse guidé par une force mélodique à tête chercheuse de nostalgie. In Colour restera un des sommets musicaux de cette sombre année 2015, nominé à la prochaine cérémonie des Grammy Awards dans la catégorie « meilleur album électro de l’année » et qui se dansera jusqu’aux larmes au Zénith de Paris, le 25 février prochain, en compagnie de – excusez du peu -Four Tet. « The Rest Is Noise »