Jeanne Added

Jeanne Added se souviendra longtemps de 2015. Entre « révélation de l’année » et « année de la consécration », on hésiterait presque. Sur scène, la chanteuse remporte le plébiscite d’un public toujours conquis. Même chose chez les « professionnels » qui lui ont notamment attribué le prix Deezer Adami 2015. Dans l’attente des Victoires de la musique…

Un résumé des épisodes précédents voit la Rémoise (ado fan de Prince, de Led Zeppelin, de Nirvana, de Jeff Buckley) étudier le violoncelle au Conservatoire de Paris et à la Royal Academy de Londres, faire quelques pas vers le jazz et des expérimentations diverses, chanter dès qu’on lui propose un micro. Jusqu’à ce qu’elle aspire à une expression la plus personnelle possible. Celle-ci prend la forme d’une esthétique noir et blanc, sur fond de musique électronique minimale, parfois glaciale, parfois bleutée. Avec un mot d’ordre : « less is more ». «Je n’aime pas les fioritures, je voulais des gestes simples et compréhensibles. Ces chansons, elles m’ont fait du bien quand je les ai écrites, maintenant elles me font du bien quand je les chante », dit-elle. Et à l’opposé des projets électro boostés pour le streaming, Be Sensationnal donne toute sa mesure en public. En trio, avec Narumi Hérisson (claviers) et Anne Pacéo (batterie), Jeanne Added aura marqué les Transmusicales de Rennes 2014. Sorte d’acte de naissance d’une tournée mémorable. Car au climax, l’association de séquenceurs guerriers et de textes scandés remue les salles. Il arrive que la voix et les sons se fassent plus caressants. On reconnaît la patte de Dan Levy du groupe The Dø (réalisateur de Be Sensationnal) dans le côté efficace et percutant de la formule. Jeanne Added qui disait devoir parfois forcer sa nature pour sortir de chez elle aura bel et bien gagné sa bataille contre sa tendance au retranchement. La preuve sur scène.