Kazy Lambist

Quand tout le monde parle d’un gars d’à peine de 23 ans, qui en plus d’avoir une tête sympa, a eu le bon goût de s’engager dans une voix musicale à la fois pas commerciale, mais pas non plus obscure, on se méfie d’emblée.

On flaire l’arnaque, le candidat parfait pour remplir les rubriques « presque célèbre » des magazines, qui crient toujours famine. Sauf que celui-là n’est pas complètement du genre parachuté. Déjà repéré en 2012 avec un titre prometteur (« Head On »), puis adoubé avec un autre, « Doing Yoga », l’an dernier, il revient aujourd’hui avec un EP, The « Coast » qui réussit en prime à mettre une claque à ses exploits passés. Aurait-on alors sous la main un génie ? Bien mieux, un talent capable d’enthousiasmer tout en étant imparfait. Autoproclamé, au vu de ses influences musicales, « artiste hip hop incompris et frustré », ce bricoleur au pseudo trompeur semble en effet avoir un don pour les intros chantées qui pourraient amorcer un bon spoken word (« On You »), mais finissent par s’élever dans des aigus inattendus et, de fait, un peu trop ambitieux pour lui. Car Arthur/Kazy n’est pas un grand chanteur. Mais c’est au fond cette relative faiblesse qui le sert le mieux, capable qu’elle est de rendre attachantes ses mélodies électro-pop idéales et ses gimmicks définitivement entêtants.